Nos 10 meilleures pépites du Festival du cinéma américain de Deauville

Nous revenons pour vous sur les 10 meilleures pépites récompensées au festival du cinéma américain de Deauville (sans classement, mais dans l’ordre de sortie), en vous annonçant que nous couvrirons le 48e édition du festival, qui se déroule du 2 au 11 septembre 2022.

Nombreux sont les festivals de cinéma. Ils apportent aux films une meilleure visibilité lors de leur sortie nationale, et leur évite souvent de passer sous les radars des spectateurs. Nombreux, diversifiés et qualitatifs en France (Cannes, Angoulême, Annecy, Gérardmer, Alpe d’Huez, Clermont-Ferrand, Beaune, La Rochelle, Angers…), les festivals de cinéma permettent à des genres et à des pays de briller. Parmi eux, nous retrouvons le festival du cinéma américain de Deauville. Inauguré en 1975, de nombreuses personnalités y sont passées : Robert de Niro, Clint Eastwood, Tom Cruise, Nicole Kidman, Kirk Douglas, Marlon Brando, Jack Nicholson, Morgan Freeman, Jessica Chastain… Impossible de tous les citer. Mais ces personnalités sont connues, contrairement aux films présentés. 

MY OWN PRIVATE IDAHO de Gus Van Sant (1991)

Nul besoin de remonter aux temps immémoriaux pour trouver une immense pépite récompensée au festival. En 1991, le film My Own Private Idaho de Gus Van Sant remporte le Prix de la critique internationale. Inspiré d’une pièce de William Shakespeare, il narre le récit bouleversant de deux amis toxicomanes (interprétés par le regretté River Phoenix et Keanu Reeves) et met en exergue une jeunesse égarée, entre sexualité, drogue et amour impossible.

GIRLFIGHT de Karyn Kusama (2000)

En plus de découvrir des films, le festival met en lumière de nouveaux comédiens, aujourd’hui incontournables. La preuve avec Girlfight de Karyn Kusama, récompensé par le Grand Prix en 2000. Il offre à Michelle Rodriguez un premier rôle emblématique d’une grande force, littéralement, puisqu’il s’agit tout simplement d’un film sportif sur la boxe anglaise féminine, précurseur avant le succès du Million Dollar Baby de Clint Eastwood. Sans être misérabiliste comme pourrait l’être un Precious (également passé au festival), le script aborde la précarité et les difficultés à rebondir d’un passé et d’une enfance difficile. 

MEMENTO de Christopher Nolan (2000)

Tout le monde le connaît aujourd’hui, mais ce n’était pas le même homme à l’époque. Memento n’est que son deuxième long-métrage, et il obtient au festival le Prix du jury présidé par Neil Jordan (ex-aequo avec Les Initiés de Ben Younger). Christopher Nolan laissait déjà sa patte à l’époque avec l’originalité et la créativité de son scénario, avec ce film en noir et blanc et aux scènes montées dans l’ordre chronologique inversé. Sans oublier un concept absolument passionnant où le personnage principal (Guy Pearce) à la mémoire languissante est obligé de se balader avec un appareil photo à développement instantané pour se remémorer chacun de ses souvenirs… 

TAKE SHELTER de Jeff Nichols (2011)

Au tournant des années 2010, le cinéma américain indépendant se porte à merveille, et le festival de Deauville renforce encore sa visibilité, la preuve avec Take Shelter de Jeff Nichols (ou encore The Lighthouse de Robert Eggers plus récemment), récompensé d’un Grand Prix en 2011. Dans ce thriller paranoïaque, un père de famille (Michael Shannon) est victimes d’hallucinations de fin du monde à venir, et doit trancher entre ses pensées et la réalité. Comme pour Christopher Nolan, il s’agit là seulement de son second long-métrage (Shotgun Stories n’étant pas son plus connu). Grande star du festival du cinéma américain de Deauville et sublimé dans le film, Shannon y reviendra en 2021 pour inaugurer sa cabine de plage. C’est cela, le Graal deauvillais.

FRUITVALE STATION de Ryan Coogler (2013)

Le jury a son mot à dire, mais le public aussi. Chaque année, le public de la ville décerne un prix à leur chouchou, et en 2013, il s’agissait de Fruitvale Station de Ryan Coogler (qui n’était pas encore le tâcheron de Disney à l’époque, sa place ici est donc légitime !). Généralement fans de films plus accessibles au grand public et plus joyeux (Captain Fantastic, Mary, The Peanut Butter Falcon…), le public fait le choix de décerner le prix à un film social et engagé, sur une situation malheureusement encore d’actualité : les violences policières. Sublimé par un immense Michael B. Jordan et par le score de Ludwig Göransson, le film sera un succès critique planétaire, avec un Grand prix du jury remporté au plus grand festival de cinéma indépendant : celui de Sundance.

WHIPLASH  de Damien Chazelle, IT FOLLOWS de David Robert Mitchell et A GIRL WALKS HOME ALONE AT NIGHT de Ana Lily Amir (2014)

Impossible de ne pas parler de 2014, une année faste pour le festival où les récompenses pleuvent sur de très bons films. Sans doute un des plus grands chocs de ces 10 dernières années au festival, la magie musicale de Damien Chazelle intitulée Whiplash ne fait qu’une bouchée du président du jury Costa-Gavras et de ses acolytes qui lui décernent le Grand Prix. Comme pour Jeff Nichols, Nolan ou encore Ryan Coogler, c’est le film de sa révélation (Guy and Madeline on a Park Bench étant un des films les plus introuvables de la nouvelle génération de réalisateurs !). Et puisque le cinéma est ouvert à tous les genres : l’horreur excelle en 2014 avec deux immenses réalisations horrifiques : It Follows (qui obtient le Prix de la critique internationale) et A Girl Walks Home Alone At Night. 

A GHOST STORY de David Lowery (2017)

Choc émotionnel pour certains, ennui profond pour d’autres, A Ghost Story divise fortement les spectateurs – et c’est souvent la marque des plus grands films. Le jury, quant à lui, a été dithyrambique puisqu’il obtient en 2017 le Prix du Jury ainsi que le Prix de la critique internationale. Inclassable dans un genre en particulier, le film nous confronte à notre propre solitude. Après l’accident de voiture tragique qui le tue devant chez lui, C (Casey Affleck) revient chez lui pour voir sa femme (Rooney Mara) et fait face au temps qui passe… En abordant le deuil et la mort dans ce format 4/3 et du point de vue du fantôme, A24 frappe un grand coup en France et bouleverse un grand nombre de spectateurs. 

PLEASURE de Ninja Thyberg et RED ROCKET de Sean Baker (2021)

D’autres films ont sans doute été meilleurs, mais Pleasure de Ninja Thyberg et Red Rocket de Sean Baker permettent au festival de renouer avec l’excellence. Après quelques récompenses faiblardes (ce qui ne veut pas dire que ce sont des mauvais films) les années précédentes (Bull, The Nest, Down with the King, American Animals…), les grands films sont de retour ! Le premier nous plonge dans l’industrie de la pornographie aux Etats-Unis à travers les yeux d’une jeune actrice en devenir, et le second signe le retour d’une ancienne star du porno dans sa ville natale. Deux regards différents pour deux grands films.

En espérant que l’année 2022 soit du calibre (sans mauvais jeu de mot) des récompenses de l’an passé ! Rendez-vous sur notre compte Twitter et notre compte Instagram pour suivre l’évènement de l’intérieur ! 

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