VO/VF, le débat sans fin !

VO VF doublage CinéVerse

Twitter déborde de points de vues et de débats. Ces débats fleurissent telles des petites plantes en pleine saison printanière. Au vu du confinement, ses fleurs se portent à merveilles actuellement. En cette période, beaucoup de débats reviennent sur les bords de nos claviers. S’il y en a bien un qui persiste depuis très longtemps, c’est le débat VO/VF, récemment revenu après le post de Netflix, prévenant le public de la non disposition de doublage pour leurs séries à cause de la fermeture de studios de doublage. Une aubaine pour les anti-doublage qui ont ainsi pu évaporer leur haine dans les commentaires. Même si certains persistent en donnant des points de vues sur la VF, le doublage est directement remodelé à de la fainéantise par le grand public. Cette haine du doublage est, entre autre, proclamée par le youtubeur Regelegorila (actuellement 124 000 abonnés), n’y voyant aucune utilité artistique et presque pratique. Évidemment, seul le youtubeur MisterFox  (69 000 abonnés) arrive à rallumer le flambeau face à cette horde d’anti-doublage. On peut constater que le doublage à des défauts, on ne peut pas le cacher. Cependant, on oublie beaucoup trop que le doublage reste important dans notre mode de consommation en France.

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La VF est prédominante dans les médias français : à la télévision, au cinéma, dans les livres audio, dans les dessins animés et sur YouTube (Re:take, CrazyBombWorld, Brigitte Lecordier). 80% de l’exploitation des longs-métrages étrangers en France se fait en version doublée. Cette surreprésentation fait beaucoup jaser les passionnés de cinéma. Ces derniers préfèrent assister proprement à une œuvre dans sa version originale. Une des choses primaires que l’on dénonce chez le doublage VF : le gâchis du jeu de l’acteur et la modification du son. Malheureusement, un comédien ne saurait recréer le jeu même d’un acteur dans un film. Cependant, on ne peut pas douter du talent des comédiens de doublage. La plupart ont déjà pratiqué du théâtre et s’appliquent sur le jeu et sur le ton. Cela s’applique à la postsynchronisation, procédé cherchant à s’adapter au mieux au film. Ils enfilent plusieurs casquettes pour jouer des personnages. Ces comédiens/comédiennes pratiquent un métier très peu profitable. Si on est un doubleur très reconnu comme Patrick Poivey (voix de Bruce Willis), Alain Dorval (voix de Sylvester Stallone), Céline Monsarrat (voix de Julia Roberts), on est promis à un bon salaire. Pour la grande majorité, il faut alors compter de 250€ à 300€ pour une journée de doublage. La plupart sont obligés de tenir un métier en parallèle du doublage. Comme dit plus tôt, la plupart de ses comédiens s’appliquent donc sur d’autres domaines artistiques (cinéma et théâtre). Dans leur métier, ils s’efforcent à ce que leur voix soient synchronisées et qu’on leur fasse oublier le côté technique du doublage. Ces comédiens emploient une certaine énergie dans leur personnage. Une interprétation pouvant se coller aux idées du film mais aux caractères des personnages. Le doublage est un domaine à la fois technique mais aussi artistique pour la volonté des doubleurs/doubleuses dans leurs rôles.

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Face au doublage, la VOST est très prisée par le public. Elle est maintenant disponible sur les DVD, les plateformes de SVOD et dans les options des films diffusés à la télé. Cependant, la VOST ne reste que très peu présente dans les salles de cinéma hors métropole, un des points dont se plaint le plus le public client de VOST. Cependant, on oublie trop souvent que le public peut se composer de personnes pour lesquelles il est difficile de suivre un film avec des sous-titres. La rapidité des dialogues et l’enchaînement de la lecture peuvent brouiller l’appréciation du spectateur. Cela demande un effort de concentration pour bien profiter des sous-titres. Sauf que le public français se compose de gens n’étant pas adaptés aux sous-titres. On pense alors aux dyslexiques, aux personnes malvoyantes et aux personnages âgées. Aujourd’hui, il est même difficile d’apprécier un film sans qu’on jette un coup d’œil sur autre chose. En VOST, si nous ne sommes plus attentifs un court instant, on peut alors se perdre directement. Le spectateur reste peu attentif s’il ne regarde plus l’image. Cependant, il peut l’être grâce au son qui circule. La VF permet de laisser attentif le spectateur face à son écran. Il garde quand même une idée sur la situation avec les sons qu’il entend. Bien sur, on ne garde pas une idée de la scène mais le spectateur reste attentif. Ce qui est déjà un bon point si le spectateur regarde le film.

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Cette utilisation du doublage accorde aussi une ouverture à la culture pour le public français. L’entièreté du public français est très peu bilingue, du moins pas assez pour suivre un film étranger sans tenir compte des sous-titres. On ne parle même pas de langues autres que l’anglais, qui supposent de grosses difficultés de compréhension (films espagnols, coréens, allemands). Ainsi, le doublage permet de mieux comprendre le film. Les studios sont dans l’obligation de retranscrire, de A à Z, le déroulement d’un film sans en modifier les lignes. Il peut le modifier pour des jeux de mots ou des références pouvant faire réagir le public. La disposition de la VF est aussi un bien bénéfique pour des films au cinéma. Un des cas majeurs dernièrement, le film Parasite de Bong Joon-Ho, sorti en mai 2019. Le film connaissait déjà un énorme succès, depuis sa Palme d’or au Festival de Cannes. Il réunissait, par la suite, plus de 500 000 entrées en 10 jours. Voyant l’ampleur du succès, la société de distribution The Jokers a investi dans une version doublée en français du film. Ce qui amènera, plus tard, plus de monde en salle et un franchissement du million d’entrées en France. La VF n’est pas juste le remodelage d’un film. C’est une façon de rendre accessible un film pour un public consommateur et attentif. Il est alors temps de ne plus penser juste à sa personne. Il est important de se faire une idée du mode de consommation du public. Depuis toujours, nous consommons du doublage. Grâce aux films d’animations que nous voyions étant petits, aux répliques que l’on répète chaque jour, à ses voix célèbres que nous connaissons par cœur (comme celles de Richard Darbois et de Donald Reignoux, entre autres).

Sans la VF, nous aurions du mal à apprécier Jim Carrey, dans The Mask, The Truman Show et Dumb and Dumber, privés de la voix d’Emmanuel Curtil. Nous sommes attachés au doublage. Et même si on veut protester là-dessus, nous continuerons de l’entendre, afin de partager le cinéma de la meilleure façon possible. 

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