Un détour par Diane d’Ann Sirot et Raphaël Balboni : Lady Vengeance

L’amour n’a pas de frontières. Et à entendre les éclats de rires au cœur de la Mostra de Venise, il semblerait que le cinéma n’en ait pas non plus ! Avec Un détour par Diane, Ann Sirot et Raphaël Balboni exposent leur talent d’écriture aux oreilles du monde entier, pour le bonheur de tous.

En faisant reposer leur travail sur une collaboration intense d’improvisation avec leurs comédien.nes, le duo de cinéastes fait émerger des œuvres toujours plus uniques de son chapeau. En effet, face à leurs tours de magie nous ne savons jamais vraiment sur quel pied danser. Profondément intrigués, il est alors temps de se laisser porter… Sur la piste, Diane nous attrape dès le premier regard. Droite dans ses bottes, elle n’est pas encore prête pour les aventures qui l’attendent, et nous non plus.

« Diane déteste les hommes autant qu’elle les désire. Sa mère a été victime d’un viol trois ans avant sa naissance. Lorsque Diane l’apprend, elle n’a plus qu’une idée en tête : venger sa mère. Mais celle-ci ne veut qu’une chose : devenir enfin la femme qu’elle aurait dû être. Entre celle qui voudrait qu’on se souvienne et celle qui voudrait qu’on oublie, tout se crispe. »

© Pyramide Films

Mémoires d’un corps brûlant

Si les hommes préfèrent les bondes, Diane, elle, déteste les hommes. Même lorsqu’elle semble y mettre tout son cœur (et son pied), les belles rencontres finissent toujours sur des échecs. Aussi charismatique qu’une Thelma ou une Louise, Diane semble tout droit sortie d’un western. Mais dans le far west, l’intimité est confronté à un champs bien plus démesuré. Et dans cet environnement rempli de déception et de violence naît l’envie de vengeance. Prête à brandir le pinceau aussi haut que celui des militantes de Riposte féministe, elle devient alors l’étendard d’une bataille silencieuse.

De par leur mise en scène très moderne, leur bandes originales électroniques mais aussi de par leurs thèmes dramatiques tendant toujours vers la lumière, les cinéastes parviennent à débrider de nombreux sujets. Il y a dans le cinéma de Sirot et Balboni, quelque chose de totalement particulier. Nous penserons notamment à leur montage unique, introduisant des scènes presque oniriques qui offrent un réel souffle au film. A travers elles, l’érotisme à l’écran prend une nouvelle définition où la sensualité ne semble jamais effleurer la vulgarité. Qui d’autres qu’eux pourraient parvenir à mêler la cruauté d’un western à la liberté d’une danse charnelle ?

© Pyramide Films

Une vie d’aimantes

De par l’usage de ces scènes hors du temps, Un détour par Diane laisse entrevoir l’intimité profonde de ses personnages. Tel que Le Syndrome des amours passées, le film « encourage à se laisser de l’espace pour créer des couples et des familles qui nous ressemblent ». En confiant cette part de lumière, il repousse alors les tourments qui grondent. Nous qui croyions que la vengeance se mangeait froide – voire sanglante dans le cas de Promising Young Woman ou Revengefinalement… peut-être est-elle meilleure sous le soleil belge.

Transmise comme par les liens du sang, la vengeance est condamnée à faire partie d’un maillon commun. Finalement, nos histoires les plus intimes ne nous appartiennent jamais réellement mais influent dans chaque relation que l’on construit autour de nous. Pour introduire mais également dédramatiser cette idée, les cinéastes portent à l’écran un trio d’actrices fabuleuses. Dans le rôle de la grand-mère, Jo Deseure apparaît tel un fantôme ambulant, après nous avoir impressionnés dans Une vie démente. Chacune de ses apparitions est un petit miracle de comédie, et bien heureusement sa répartie se transmet de génération en génération.

C’est peut-être dans les moments où l’on s’y attend le moins que les plus belles surprises surviennent. C’est peut être aussi dans les moments où l’on s’y attend le moins, que l’on peut tomber sur un western de l’an 2027 aussi comique que romantique. Chapeau enfoncé sur la tête, Diane est prête à faire tomber « le congrès des vieux mecs » à grand galop. Préparez les posters, une nouvelle icône est naît.

 

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