Poissonsexe : Le jour où les poissons ont disparu

Œuvre « mélancomique » d’anticipation et fable écologique, Poissonsexe traite de manière originale la problématique de l’urgence climatique à laquelle la société moderne est plus que jamais confrontée…

Poissonsexe, qui peut déjà se targuer d’intriguer le spectateur grâce à son titre énigmatique, met en scène un futur proche dans lequel la quasi-totalité de la faune terrestre et aquatique a disparu. Les poissons et les mammifères marins n’existent plus, à l’exception de la baleine Miranda, dernière représente de son espèce, dont les moindres déplacements sont retransmis via un site internet consultable par le monde entier : miranda.org. On comprend déjà mieux la présence du mot « poisson » dans le titre, mais quid du sexe ? Manifestement, le film en comporte très peu, puisque le titre fait référence au métier du personnage principal, Daniel Luxet (Gustave Kervern), biologiste spécialisé dans l’étude des comportements sexuels des poissons, ou dans le cas présent, leur absence.

En effet, suite à la disparition de la totalité de la faune aquatique, Daniel et son équipe tentent vainement de faire s’accoupler les deux spécimens restants, symboliquement baptisés Adam et Eve. Le film va aussi mettre en lumière la profonde solitude de l’humanité, qui semble avoir perdu ses repères depuis la disparition des animaux. Daniel, lui, comble cette solitude avec cette obsession particulière pour la paternité. En cherchant la femme susceptible de devenir la mère de ses enfants, il fera la découverte d’un étrange poisson qui l’amènera à réaliser que, plus que d’un enfant, c’est d’amour dont il a besoin dans sa vie.

Avant d’être une histoire d’amour, Poissonsexe est un film qui dresse un terrible constat sur l’avenir de la planète. Sans être véritablement alarmiste, il s’impose clairement comme un film d’anticipation tant la situation qu’il dépeint n’est probablement plus qu’à quelques siècles voire décennies de notre réalité. Mais là où le long-métrage se démarque nettement, c’est dans le parallèle qu’il établit entre la disparition des poissons et la solitude des êtres humains, bel et bien vivants, forcés de constater l’ampleur des dégâts causés par leurs actions.

En voulant à tout prix trouver la personne avec qui il pourra assouvir son désir irrépressible de paternité, Daniel se rendra compte de l’importance des sentiments, en la personne du personnage interprété par India Hair, une jeune femme insomniaque et légèrement dépressive, désireuse d’avoir des enfants mais dans l’incapacité de procréer. Ces deux personnages profondément seuls et mélancoliques vont se rapprocher lors de la découverte de Nietzsche, un poisson particulier dont l’espèce s’est éteinte depuis des décennies. Ce nouveau compagnon va permettre d’introduire un élément majeur au sein du quotidien des deux protagonistes : l’espoir. Un espoir pour l’humanité, pour laquelle tout n’est finalement pas perdu, mais également un espoir pour Daniel, qui finira par comprendre ce que ce qu’il manque à sa vie pour être heureux n’est rien d’autre que l’amour.

Porté par les prestations emplies de sensibilité de Gustave Kervern et India Hair, Poissonsexe est une proposition de cinéma qui mélange habilement les genres tout en sensibilisant le spectateur sur les questions environnementales, plus que jamais en phase avec notre réalité.

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