Palm Trees and Power Lines de Jamie Dack : Le Petit Chaperon Rouge

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Le Festival du cinéma américain de Deauville a pour particularité cette année de mettre en avant beaucoup de films sur la période de l’enfance/adolescence cette année (When you finish saving the world, War Pony, Stay Awake, Over/Under, Close, The Silent Twins…). Palm Trees and Power Lines de la réalisatrice Jamie Dack, ne déroge pas à la règle.

Léa a 17 ans. Elle trouve en Tom (34 ans) du réconfort pour sa vie d’adolescente frustrée.

Si le titre peut laisser sous-entendre un film sur l’écologie, le vrai sujet est bien plus porté sur l’humain, et plus particulièrement sur des relations toxiques (et pédophiles…). Léa est une adolescente différente des autres – surtout pendant l’été. Elle n’a pas de père, doit réveiller sa mère pour qu’elle aille travailler, et connaît une vraie frustration à cause de ses amis (uniquement intéressés par les discussions sur le sexe, boire et fumer) et de ses petits copains. Jamie Dack propose un portait de l’adolescence du point de vue de Léa, sans jamais sortir de ce qu’elle voit ou de ce qu’elle sait, nous plongeant en immersion dans sa vie, et nous en impliquant réellement dans l’été qu’elle passe.

Après une introduction réussie dans laquelle nous suivons les pas de cette jeune adulte en devenir, nous faisons la connaissance de Tom, un homme de 34 ans qui la séduit en sachant pertinemment son âge. La première rencontre a lieu dans un diner, là où ses amis et elle partagent un repas. Sans romantiser la relation qu’ils vont vivre (coucou 365dni) Jamie Dack nous immerge plutôt dans une vision factuelle des relations. L’aventure sentimentale que Léa débute, d’abord idyllique, n’est pas un exemple à suivre ; elle-même est consciente de son illégalité, et la cache par exemple à ses amis. Elle plonge la jeune fille dans ses vulnérabilités.

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Son regard évolue au fur et à mesure et le spectateur avec – la (très) longue scène de viol étant le moment charnière qui marque l’irrémédiable. L’immersion et l’attente du dénouement passent aussi par des acteurs principaux convaincants, Jonathan Tucker et Lily McInerny jouent des équivalents du loup et du petit chaperon rouge (elle lui dit même lors d’une scène qu’elle ne monte pas dans la voiture d’un inconnu !), mais en version adulte, ou le loup est un criminel et le chaperon rouge une petite fille agressée sexuellement…

Comme une préquelle à Jeune et Jolie de François Ozon, le film nous plonge dans les tourmentes de son personnage dans l’emprise d’un homme plus vieux qu’elle, sans jamais juger son personnage féminin pour ces choix mais en la considérant comme une victime.

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