Happiest Season (Ma belle-famille, Noël, et moi) : Coming out sous le sapin

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Happiest Season ne déroge pas à la tradition de Noël ; un film feel-good adapté à cette saison réconfortante du chocolat chaud en illimité sous le plaid. Un couple de femmes se rend chez les parents de l’une d’elles pour passer les fêtes. Seul ombre au tableau, la dulcinée en question n’a pas fait son coming out. Le scénario est des plus classiques, si ce n’est qu’il met à l’honneur un couple non-hétéro et que parmi le casting, Kristen Stewart répond présente.

Abby (Kristen Stewart) n’aime pas la période de Décembre. Tout le contraire de sa petite amie, Harper (Mackenzie Davis) bien décidée à lui prouver qu’elle a tort. Lors d’une soirée pleine de tendresse, Harper lui propose d’aller ensemble chez ses parents. En omettant de lui avouer que ces derniers ne sont absolument pas au courant de son homosexualité. Abby accepte pour lui faire plaisir, sans se douter des difficultés auxquelles elle va être confrontée. Elle prévoit à cette occasion de demander Harper en mariage. Un geste des plus romantiquement classiques !

Ce film réalisé par Clea Duvall brasse plusieurs sujets modernes à travers certains dialogues. Le caricatural meilleur ami gay d’Abby, par exemple, lui explique par téléphone que le mariage n’est qu’une institution patriarcale qui vise à posséder l’être aimé. Une manière peu habile de qualifier le mariage comme une prison dorée plutôt qu’un gage d’amour éternel. Malheureusement, le dialogue de façon générale est loin d’être suffisamment creusé et n’apporte strictement aucun intérêt à l’histoire qui suit déjà un schéma tout tracé. La vocation du récit se veut légère plutôt que moralisatrice. Les valeurs mises au premier plan sont évidemment celles de tolérance et d’esprit familial.

Quiproquos familiaux…

Lorsque les deux partenaires arrivent dans la maison des parents de Harper, ces derniers se montrent superficiels, réfractaires et vieux-jeu en plus d’être particulièrement indiscrets et de ne laisser que très peu d’intimité à la pauvre Abby qui – comme les spectateurs l’auront assez vite appris – est orpheline depuis ses dix-neuf ans. Évènement que les parents d’Harper n’auront de cesse de remettre sur la table avec une fausse compassion. Puisque leur fille ne veut pas admettre qu’elle est en couple avec Abby, elle fait passer celle-ci pour sa colocataire. Une décision qui engendre plusieurs quiproquos, dont celui d’inviter l’ex petit-ami à dîner.

Parmi les autres membres familiaux, viennent s’ajouter à la liste les deux sœurs d’Harper nommées Sloane et Jane. Des personnages adoptants aussi certains traits caricaturaux en vacillant entre jalousie ou esprit – légèrement – illuminé. Cet aspect de la réalisation est probablement ce qui ne permet pas à l’œuvre de véritablement décoller. Le peu de profondeur accordé aux protagonistes est gênant, même pour un film de Noël. Kristen Stewart est extrêmement effacée alors qu’elle est pourtant l’un des personnages principaux. Elle apparaît mal à l’aise du début à la fin et peine visiblement à sourire. Elle semble d’ailleurs tellement mal à l’aise que le spectateur peut être en droit de se demander si le personnage ne se confondrait pas un peu trop avec l’actrice. Toutefois, cette nonchalance peut s’avérer être un atout, dans la mesure où il est possible d’y trouver un certain charme et même une part de mystère.

Elles vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants

L’histoire reste tout de même attendrissante avec tous les ingrédients essentiels à la période de fin d’année : les lumières qui décorent les sapins dans les rues, l’amour triomphant, la famille réunit malgré les différends et le fameux happy-ending. Même si les parents d’Harper sont aux premiers abords représentés par un manque d’ouverture – dû notamment à une barrière sociale exigeante – ayant contraint leurs filles à garder certains secrets enfouis, ils remettent en question leur jugement et leur approche pour le bien commun. L’histoire d’amour entre Abby et Harper est douce et laisse place à (très) peu de doutes concernant la finalité de cet amour, très proche du « elles vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants ». La révélation identitaire est une thématique importante du film où la vérité s’avère bénéfique en terme d’accomplissement personnel mais également pour entretenir des relations extérieures à soi.

Happiest Season, sans être révolutionnaire, réussi quand même à transmettre une énergie positive et encourageante. Les défauts du film sont rendus acceptables et les plus romantiques d’entre nous auront des étoiles pleins les yeux. Mention particulière à la bande-son qui apporte un rythme incontestablement efficace.

Happiest Season sera disponible en achat digital dès le 17 décembre et en VOD le 21 décembre prochain. 

 

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