Emily in Paris : Un air de déjà vu ?

Emily est une jeune Américaine, dynamique et à la pointe de la mode. Lorsqu’elle se voit proposée la luxueuse opportunité d’aller à Paris pour son travail en marketing, c’est le rêve d’une vie qui se concrétise.

Cette nouvelle série Netflix, de seulement dix épisodes, nous dresse l’énième portrait d’un Paris idéalisé. Un Paris fait de balades près des quais de seines, de poèmes enflammés et de croissants en abondance. Si l’on voit l’héroïne (Lily Collins) s’abreuver plus d’une fois d’un verre de vin, nul doute que le spectateur français lui aussi, en aura bien besoin pour affronter les nombreux clichés qui lui seront servis.

Darren Star, le réalisateur, également connu pour être à l’origine de Sex & The City, aime vraisemblablement faire de ses héroïnes un modèle de persévérance, d’enthousiasme et de glamour. Emily est un personnage plein de désirs, qui ne passe pas inaperçue dans les rues de la capitale française. Toutes ses rencontres s’avèrent d’abord être un fiasco. Alors qu’elle ne parle pratiquement pas un mot français, celle-ci doit redoubler d’efforts pour se faire accepter de sa nouvelle entreprise, qui n’est pas prête à l’accueillir chaleureusement. Fort heureusement, elle peut compter sur le soutien de son – très – attirant voisin, Gabriel. Lily Collins s’amuse dans ce rôle, et ça se ressent. Peut-être un peu trop. En effet, si l’actrice a su se démarquer dans des rôles touchants comme Love, Rosie ou To the Bone, pleins d’émotions et de finesse… pour Emily in Paris elle force malheureusement les traits de son personnage auquel on peine à s’identifier. Jouant un personnage de jeune-fille maligne, certes, mais absolument naïve également.

Paris et ses promesses. Paris et ses opportunités inouïes…où les rues sont belles et où il fait bon vivre. Où l’on se balade le sourire aux lèvres, sans jamais s’ennuyer un instant. Paris où l’on sort au musée et à l’opéra. Paris et ses défilés. Il manque cruellement d’une nuance à ces idées pré-conçues. Voilà ce qui cloche le plus : s’arrêter à un portrait caricatural qui ne dépasse jamais le cliché.

La série possède tout de même un certain charme aux senteurs de parfums fleuris. Le ton léger des dialogues, les couleurs pimpantes et le romantisme exacerbé de la mise en scène apportent une vraie gaieté à l’œuvre. Une gaieté dans laquelle il est agréable de se réconforter. Sans compter l’accent français de Lily Collins, tout aussi charmant. Cette première saison se termine sur un lourd secret. Ce qui suggère qu’une deuxième saison, verra probablement le jour si les audiences suivent. Il n’y a qu’à espérer une suite un peu plus réaliste, afin de ne pas laisser la série se cloîtrer dans cette idéalisation lassante.

Emily in Paris, malgré ses défauts notables, nous rappelle tout de même qu’il est toujours doux d’écouter son cœur et de dépasser certaines barrières. En restant soi-même.

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