À Plein Temps d’Éric Gravel : Le marathon francilien

L’actrice Laure Calamy, césarisée en 2021 pour sa performance dans Antoinette dans les Cévennes incarne avec brio une mère désemparée dans À Plein Temps d’Eric Gravel.

Quand Julie obtient enfin un entretien pour un poste correspondant à ses aspirations, une grève générale éclate, paralysant les transports. Célibataire, maman de deux enfants, dans la précarité, jonglant entre son travail dans un palace parisien et ses entretiens… À première vue, et en se fiant à la mise en scène dynamique, tout porte à croire que le film A Plein Temps est un compte à rebours avant l’explosion de sa protagoniste.

Laure Calamy dans A Plein Temps
© Haut et Court

Les franciliens en grève

Eric Gravel replonge les franciliens vivants dans la grande banlieue parisienne dans les angoisses des grèves des transports en commun de 2020, une époque a priori révolue mais qui reste néanmoins d’actualité au vu de la ponctualité et des pannes des RER chaque jour. À Plein temps est un film social qui déploie ses ailes et prend tout son sens grâce au suspense permanent intrinsèquement lié à chaque action de la vie du personnage : arrivera-t-elle à l’heure ? Parviendra-t-elle à faire garder ses enfants ? Ses paiements par carte seront-ils acceptés ? Derrière la fiction se cache une représentation du quotidien et des interrogations des français.

Matriochkas

À un mois du premier tour des présidentielles, le film fait résonance à la question du pouvoir d’achat et de l’emploi en France. Un diplômé sur quatre d’un bac +5 en 2019 cherchait encore un emploi en janvier 2021. C’est dur d’être un jeune diplômé, alors imaginez une femme célibataire avec deux enfants. Comme pour marquer un contraste social fort entre son travail (femme de chambre) et son lieu de travail (un palace parisien), des parallèles se font également entre ses qualifications (un bac + 5) et son travail. Julie devient alors une poupée russe qui cherche tant bien que mal à désemboiter et à isoler ses problèmes.

Laure Calamy dans A plein temps
© Haut et Court

C’est dans un rythme effréné que le spectateur suit les péripéties de la vie de Julie, et heureusement pour elle (et pour nous), tout est bien qui finit bien… Ou presque ?

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