Depuis quelques années, Guy Ritchie enchaîne les projets à qualité variable et envahit nos différentes plateformes. Il est donc assez naturel d’appréhender son retour dans l’univers de Conan Doyle avec Young Sherlock. Cette série mérite-t-elle donc un œil intéressé ou sera-t-elle aussitôt oubliée ?
Le mariage Ritchie/Holmes ayant déjà donné deux enfants, on entre dans Young Sherlock avec des attentes assez solides concernant le fond et la forme. Mais la série arrive parfaitement à simultanément rencontrer et défier nos à priori en s’amusant avec le canon de Conan. Analysons donc nos prévisions face à la réalité de ce que le show nous propose.
“Sherlock Holmes, âgé de 19 ans, est étudiant à l’université d’Oxford. Malgré ses origines nobles, il est un élève impulsif manquant de discipline. Alors qu’un meurtre frappe la ville d’Oxford, le jeune homme se lance dans la résolution de sa première énigme. Malgré son inexpérience, il va se lancer dans une enquête qui révèle un crime bien plus vaste, au cœur d’un complot d’envergure internationale. Il va collaborer avec Gulun Shou’an, une jeune princesse chinoise douée en arts martiaux, ainsi qu’avec un certain James Moriarty.”

Une enquête passionnante
Il est assez normal d’attendre d’une série Sherlock Holmes une enquête intéressante, remplie de rebondissements et de déduction capillotractées. Sur ce point là, Young Sherlock ne nous déçoit pas et offre une intrigue prenante de bout en bout. L’investigation quant à elle sort des sentiers battus et devient beaucoup plus personnelle dans sa deuxième moitié sans pour autant laisser twist et révélation derrière elle.
Les moments de déduction, si chers à notre cher Sherlock, sont aussi intelligemment mis en scène pour les rendre clair et engageant. De plus, les dialogues entre Holmes et Moriarty dans ce genre de moment rendent ces instants grisant tout en alimentant leur rivalité naissante.
Nos personnages favoris
Si l’on retrouve des noms familiers parmi nos protagonistes (Sherlock, Moriarty, Mycroft ou Lestrade), Young Sherlock les caractérise assez différemment des autres adaptations qu’on a pu voir par le passé. Exit le sociopathe arrogant de la BBC (Sherlock avec Benedict Cumberbatch , 2010), Sherlock Holmes est ici jeune, passionné et surtout rongé par la culpabilité. Ces changements ne sont pas mauvais ou bons intrinsèquement, mais ils permettent au moins d’apporter un vent de fraîcheur sur des relations inter-personnages qui ont déjà été explorées maintes et maintes fois. Notamment la relation Holmes/Moriarty très attachante, surtout grâce aux performances et à l’alchimie de leurs deux interprètes.
Les personnages originaux ne sont pas en reste non plus, apportant des protagonistes et antagonistes nouveaux, testant le célèbre détective sur d’autres aspects que sa simple capacité de déduction.
Le style Ritchie
Si le réalisateur semble s’être un peu perdu dans une parodie de son propre style ces derniers temps, Young Sherlock le ressuscite magnifiquement tout du long de ses 8 épisodes. Le rythme est effréné, les dialogues sont drôles – et très anglais – et le montage est millimétré. Tout cela n’est jamais au détriment de scènes plus calmes et intimes, quand la série traite des drames exempts de toutes blagues.
La série ne lésine pas non plus sur l’action, mêlant le savoir-faire du réalisateur au contexte de la série. Il profite aussi bien des décors de Londres, Constantinople ou encore d’un Paris en pleine révolution, que des talents d’art martiaux de Zine Tseng, pour proposer combats et poursuites percutants.
