When you finish saving the world de Jesse Eisenberg : e-Wok(e)

Présenté en ouverture de la semaine de la critique à Cannes cette année, When You Finish Saving The World est le premier long-métrage réalisé par Jesse Eisenberg, récompensé cette année du DEAUVILLE TALENT AWARD après Michael Shannon l’an passé. L’acteur passe à la caméra après avoir fait quelques choix de carrière pertinents (Fincher, Shyamalan, Baumbach, Reichardt, Trier) pour un film personnel et dans l’air du temps.

Être dans l’air du temps, c’est savoir s’entourer des bonnes personnes. Jesse Eisenberg fait le choix d’embarquer Finn Wolfhard (Stranger Things) et Alisha Boe (13 Reasons Why) dans l’aventure, deux jeunes acteurs découverts dans des séries tendances et représentants parfaitement la nouvelle génération, plus woke et consciente des problèmes sociétaux et environnementaux.

Nous découvrons le personnage de Ziggy Katz, un lycéen influenceur absorbé par sa volonté de gagner sa vie par la musique et par les streams. Sa mère est directrice d’un foyer d’accueil pour femmes battues.

On se représente assez bien et très rapidement les contradictions entre Ziggy et sa mère (Julianne Moore), à un âge ou le conflit n’est jamais vraiment très loin… En effet, l’intérêt principal du film et de l’attention du spectateur réside dans ses personnages, tous motivés par des idéaux différents et parfois paradoxales.

Sous l’apparence d’une comédie légère, When You Finish Saving The World développe des réflexions si modernes et inexploitées auparavant, qu’on se surprend à assister à un film que l’on n’attendait pas. Grâce à l’écriture de ses personnages très reconnaissables, le script touche aussi sur les thèmes de l’adolescence que de la vie d’adulte. La jeunesse d’aujourd’hui est confrontée à une société où l’engagement politique est presque obligatoire pour s’affirmer et s’intégrer dans un groupe, et cette trame narrative (plus légère que d’autres) l’illustre bien. Toutes les relations sont développées et ouvrent à différentes réflexions, la plus intéressante étant la relation mère-fils, sur les attentes et les déceptions de l’un(e) envers l’autre.

When You Finish Saving The World pose aussi la question du divertissement. Le divertissement peut-il et doit-il être seulement un divertissement, ou peut-il et doit-il être engagé et engageant pour survivre au 21e siècle ? Est-on satisfaisait en étant seulement soi ? Entre recherche du soi et recherche du monde, que faut-il privilégier ? Voici des réflexions soulignées par le réalisateur dans ce film à la douceur traître qui interroge notre compréhension du monde et de nos actes.

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