Soul : l’hymne à la vie

Prévu pour le 25 décembre sur la plateforme Disney+, le nouveau Pixar, Soul, s’est tout de même offert une séance salvatrice au cinéma lors du Festival Lumière. Le nouveau long métrage de Pete Docter méritait plus car c’est sans aucun doute l’un des meilleurs Pixar jamais produits jusqu’à présent. Retour sur une une grande séance de cinéma et un rendez-vous spectaculaire avec la vie.

Les critiques américaines ne se sont pas trompées quand ils chantaient les louanges de l’oeuvre de Pete Docter. Soul est galvanisant, fourmille d’idées plus osées et belles les unes que les autres et assurément une oeuvre faite pour le cinéma. Etonnant ? Non. Quand on créé un film, on se l’imagine sur un grand écran ; et c’est exactement ce que Soul est : un moment de cinéma hors du temps.

Soul a tout ce que les meilleurs Pixar ont : une douceur sans faille, une photographie lumineuse et grisante, un scénario qui prône des valeurs aussi actuelles qu’intemporelles… mais il y a dans ce long métrage quelque chose qui arrive à faire mieux que certains et qui vient survoler les plus belles productions de Pixar, notamment grâce à une bande originale envoûtante composée par Trent Reznor et Atticus Ross (The Social Network, pour ne citer que lui).

Soul met en lumière le jazz américain et joue habilement avec nos émotions. Rares sont les films qui arrivent à imager la musique comme Soul le fait durant 1h30. Bourré de scènes époustouflantes en noir et blanc censées retranscrire l’au-delà et le passage des âmes vers un ailleurs lumineux, Peter Docter vient réaliser une prouesse d’une originalité inattendue et d’une sensibilité à fleur de peau. Si certains n’y verront pas dans Soul le meilleur Pixar, il serait cependant permis d’y voir le film le plus inventif du studio.

Le long métrage emmène subtilement le spectateur d’une émotion à une autre exactement comme le personnage principal passe de la mort à la vie en un claquement de doigts. Mais au-delà d’un long métrage maitrisé de A à Z, Soul se distingue surtout dans son message. Un message qui est d’autant plus important aujourd’hui en raison de cette année difficile. Une bouffée d’air frais, une bulle de bonheur dont personne ne voudra sortir. Et pourtant le message est là : un hymne à la vie, à tous ces petites choses qui construisent notre quotidien et que nous finissons par ne plus voir mais qui sont capitales.

Aussi impressionnant visuellement qu’intelligent dans sa mise en scène : il faut parfois se jeter dans la vie sans parachute et voir ce qui se passe. Un des personnages incarne cette peur de vivre et c’est probablement un des personnages les plus touchants créé par le studio. Le film arrive à dépeindre au travers de ses protagonistes tout ce qui constitue le spectre des émotions humaines à merveille ; la peur de vivre, de se lancer dans l’inconnu, l’envie de vivre de sa passion quitte à annihiler la réalité et celle de profiter de chaque instant.

Hymne à la vie mais également à la musique et arrivant à transcrire un amour pour New-York rarement vu au cinéma, Soul réussit quasiment partout et laissant un goût de bonheur et d’espérance totale dans sa fin. Son annulation au cinéma est d’autant plus une tragédie au vu de sa qualité mais surtout de son message principal qui va totalement à l’encontre de la décision de Disney.

Malgré cette décision aux antipodes de ce que prône le film, Soul mérite d’être vu, revu et vécu. Il le mérite pour toutes les personnes qui ont travaillé sur ce bijou d’animation et qui ont créé non pas un simple long métrage mais un véritable cri de joie.

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