Mon nom est clitoris : Révéler l’invisible

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Installées confortablement sur leur lit, des jeunes femmes répondent avec générosité et sincérité à des questions liées au thème de la sexualité.

Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond filment des femmes qui parlent de leur expérience avec la sexualité. Un geste simple, mais fort à une époque où le sexisme et la discrimination font toujours partie du quotidien des femmes.

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Les Pygmalionnes de Quentin Delcourt faisait récemment le portrait de personnalités féminines qui composent le cinéma français. Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond étendent le sujet en ne parlant pas spécialement de cinéma, mais en se servant des outils du cinéma pour parler de la femme. Même s’il s’agit d’une accumulation de questions et parfois uniquement de réponses, la structure narrative reste claire et sort des sentiers battus. Il ne s’agit pas uniquement d’interviews filmées : on retrouve quelques séquences bien trouvées (on pense notamment au passage de C’est pas sorcier avec une voix-off ou la comparaison homme/femme sur Google) et des images étalonnées de manière à ce qu’elles représentent un grain vieilli, probablement pour signifier une discrimination qui dure depuis toujours.

C’est donc avec courage que différentes femmes s’expriment sur des sujets qui leurs sont propres de manière plus ou moins chronologique. La découverte de la sexualité, la discussion avec les parents, les premières règles, l’éducation sexuelle en classe, la découverte du clitoris… Le film ne s’intitule pas Mon nom est clitoris sans raison apparente, c’est bien lui qui dirige la discussion. C’est à travers le clitoris que se développe une réflexion sur l’invisibilité de la sexualité féminine. Si au départ les constats indiquent seulement que le clitoris est absent de toute éducation sexuelle en science et vie de la terre, le véritable intérêt qu’on porte à cette discussion est lié à son propos final, celui d’une inégalité entre les hommes et les femmes, comme à son habitude. Elles affirment que la découverte de leur sexualité se fait par le prisme masculin puisque la parole est plus libérée chez eux, et par opposition, coincée et censurée chez les femmes. En plus de développer des thématiques importantes, les jeunes réalisatrices évoquent des sujets enfouis mais bien existants comme le vaginisme qui touche tout de même jusqu’à 10% des femmes, ou encore le dégoût de la femme ronde envers elle-même. Enfin, elles n’oublient pas d’évoquer les représentations de la femme dans la pornographie et les limites parfois confuses de l’orgasme clitoridien et vaginal.

Trois femmes et 2 réalisatrices

Mon nom est clitoris est un film fait par des femmes et avec des femmes, mais rien n’empêche aux hommes de s’y intéresser pour permettre de réduire les écarts inégalitaires. Pour les réalisatrices, c’est un film qu’elles auraient sûrement avoir aimé découvert plus jeunes, car l’invisibilité est causée avant tout par un manque de représentation et de communication.

Mon nom est clitoris sera disponible en DVD à partir du 2 mars et en VOD le 2 avril prochain. 

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