Deuxième spin-off de Game of Thrones à ce jour, A Knight of the Seven Kingdoms nous ramène à Westeros par la petite porte. Ici, pas de dragons et de batailles épiques, mais les déboires d’un petit chevalier sans nom, en quête d’identité. Mais est-ce que cela rend la série inintéressante, ou cela en fait-il une aparté intimiste bienvenue dans cet univers ?
Voilà maintenant 15 ans que Westeros nous a été introduit sur le petit écran et depuis, l’univers s’est installé comme l’un des plus populaires de la télévision. Des attentes incommensurables pèsent donc sur chaque nouveau spin-off de la série. Pour échapper à cela, A Knight of The Seven Kingdoms décide de ne pas marcher dans les pas de ces prédécesseurs en proposant un conte à plus petite échelle, intimiste et touchant par sa simplicité.
“La lignée Targaryen détient le trône de fer alors que de grands destins, de puissants ennemis et de dangereuses aventures attendent un improbable duo : le jeune chevalier « Dunk », alias Ser Duncan le Grand (Peter Claffey), et « Egg » (Dexter Sol Ansell), son ami écuyer.”

Tales of Dunk and Egg
Là où les intrigues de Game of Thrones et House of the Dragon reposent sur le grandiose de l’Histoire de Westeros, A Knight of the Seven Kingdoms nous raconte l’histoire de Ser Duncan, surnommé Dunk, petit chevalier sans bannière. Dans un univers cynique et désabusé, Dunk est naïf, maladroit et chevaleresque, du moins l’idée qu’il se fait de ce trait de caractère.
Instantanément attachant, Dunk est un protagoniste touchant et auquel on peut facilement s’identifier dans sa quête de reconnaissance, face à un monde qui le regarde constamment de haut. On retrouve en lui la critique acérée des hommes gangrenés par le pouvoir qui parsème la saga, abordée ici d’un autre point de vue.
Dunk sera rejoint par Egg, petit garçon espiègle et malin, qui est lui aussi en quête d’identité, et qui la recherchera avec Dunk en devenant son écuyer. La relation entre les deux et leur évolution constitue le véritable point fort de la série, que ce soit grâce aux performances des deux acteurs dont l’alchimie nous arrache des sourires sincères, ou encore à travers l’écriture fine des dialogues qui rendent crédible cette relation paternelle dysfonctionnelle, mais nourrissante.
Une narration différente
A Knight of the Seven Kingdoms propose donc un point de vue différent de ce dont on a l’habitude à Westeros. En suivant un jeune chevalier du petit peuple des 7 royaumes, c’est l’occasion de proposer une narration plus calme et introspective. Ici, pas de destins légendaires ou de batailles démesurées, mais juste l’histoire d’un homme qui cherche à devenir quelqu’un, tout en gardant son honneur.
La série oscille entre le conte mélancolique et la farce politique avec une certaine habileté qui rend le tout cohérent et plaisant. On regrette cependant quelques blagues un peu lourdes qui désamorcent parfois des scènes poignantes au mauvais moment. On regrette aussi quelques longueurs de l’écriture qui semble étirer artificiellement son intrigue pour absolument placer son climax au 5ème épisode. Ceci dit, la série n’est jamais ennuyeuse, grâce à son écriture engageante et ses personnages attachants qui nous maintiennent à flot.
Hormis ces quelques écarts, la série se prend beaucoup plus au sérieux dans sa deuxième partie, par respect pour son protagoniste et pour les problèmes bien réels de lutte des classes qui jalonnent ses épisodes.
Un sublime aparté à Westeros
A l’heure du mètre-étalon Netflix où toutes les séries laissent penser que l’étalonneur est parti en vacances, A Knight of the Seven Kingdoms est d’une beauté rafraîchissante. La lumière toute en contrastes naturalistes laisse une grande place à de beaux plans calmes dans lesquels les arbres, si chers au protagoniste, resplendissent d’un vert accueillant. En ressort une série agréable à admirer, qui nous donne envie de camper à la belle étoile. Le tout étant bien accompagnée par la musique de Dan Romer totalement dans le ton plus calme et léger, avec certaines compositions faisant penser à celles de Mon nom est personne d’Ennio Morricone.
Mais la musique sait reprendre le ton épique du thème principal de Game of Thrones à certains moments, pour souligner les quelques moments brutaux et glorieux que peut atteindre la série, dans son autre facette plus proche de ses prédécesseurs. Ces moments d’actions, aussi très réussis, nous offrent férocité et hargne tels les grandes heures de la série mère. La mise en scène des combats lorgne d’ailleurs presque sur le jeu vidéo, avec ses plans de caméra proches du personnage et immersifs qui rappellent les confrontations musclés d’un God of War.
