Jurassic World, Le Monde d’Après de Colin Trevorrow : Dépenser sans penser

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Les dinosaures sont de retour ! Quatre années après le bref interim de Juan Antonio Bayona à la tête du projet (Jurassic World : Fallen Kingdom), Colin Trevorrow reprend à nouveau le flambeau. Déjà à la réalisation du clivant premier volet en 2015, Universal renouvelle sa confiance dans le cinéaste américain pour offrir la conclusion d’un arc narratif que les fans de dinosaures attendent de pied ferme – pour le meilleur ou pour le pire…

Quatre années ont passé depuis la destruction de l’île d’Isla Nublar, les dinosaures se réapproprient le monde dont ils font désormais partie intégrante. L’équilibre est précaire avec les hommes et la domination de la planète est remise en question entre les deux espèces les plus féroces que la Terre n’ait jamais portées.

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© Universal Studios and Amblin Entertainment

Une immersion réussie

Les différentes bandes-annonces nous l’avaient annoncé, le film offre des images iconiques. De sa scène d’introduction jusqu’à sa conclusion, Trevorrow s’attelle à fournir aux spectateurs quelques images mémorables. Le volet précédent en avait donné un avant-goût, la cohabitation entre les hommes et les dinosaures ne se fait pas sans mal. De ces scènes surgit un véritable univers cohérent, où l’ambiance paraît crédible. Si, bien entendu, ce n’est pas suffisant, c’est déjà un premier défi à relever. L’incrustation des créatures se fait d’une façon honnête et le spectateur n’a aucune peine à imaginer l’évolution que la société pourrait subir. Pour transposer cela à l’écran, le cinéaste adopte une solution relativement évidente mais pourtant bien efficace : le journal télé. Si l’idée paraît facile, elle permet en un temps réduit de donner aux spectateurs une exposition rapide des enjeux qu’il faudra affronter tout au long du film. Habile ou lourdingue ? Chacun est juge.

Ce qui fait la force hypnotique de Jurassic World : Le Monde d’après peut se résumer aux nombreuses séquences singées sur les documentaires animaliers. Les parallèles entre nos espèces modernes et les dinosaures ne brillent pas d’originalité, mais arrivent tout de même à produire l’effet escompté – pour le plus grand bonheur de nos yeux émerveillés. Le bestiaire de la saga s’allonge et les plus connaisseurs peuvent s’exercer à la ludique expérience de les reconnaître. Malheureusement, ce qui s’annonce comme la force du film entraîne une nouvelle fois d’énormes problèmes dans la narration et nous interroge sur la capacité des gros studios à produire une œuvre à la fois belle et passionnante.

Un scénario convenu

Ne passons pas par quatre chemins, ce nouveau volet de la saga du jurassique déçoit. Dans sa volonté, caractéristique des studios hollywoodiens, de vouloir satisfaire le public par un fan-service nostalgique, le film oublie de raconter une bonne histoire. Jouant des mécaniques qui ont pu faire le succès d’un Indiana Jones, le scénario les leste de dispensables incohérences spatio-temporelles. Les séquences clefs pour l’intrigue semblent expédiées à la faveur de longs dialogues clairement destinés aux spectateurs dans la salle. C’est bien sympathique, mais anti-cinématographique. Face à notre écran, les 146 minutes du film passent avec une certaine amertume.

Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum : les fans sont en ébullition quand l’iconique trio du premier film est annoncé au casting. Loin de pouvoir parler d’un retour gagnant, on peut même questionner l’utilité de ce choix, si ce n’est l’aspect commercial. Si la performance des trois comédiens n’a rien de honteuse, difficile d’en dire autant sur l’exploitation de leurs personnages. Constamment utilisés pour envoyer des répliques banales en quête de satisfaire l’audience du premier film, l’alchimie ne fonctionne plus. En faisant abstraction de cela, on note également qu’ils n’apportent rien à la nouvelle génération de protagonistes comme de spectateurs. Leur présence est anecdotique, mais fera certainement revenir des fans déçus des deux Jurassic World précédents. Malhonnête…

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© Universal Studios and Amblin Entertainment

Sans parler de ratage complet – Hollywood a pu nous offrir bien pire – ce nouveau Jurassic World peine à convaincre. Ses passages les plus réussis consistants en de simples plans d’exposition de dinosaures en train de brouter, nul doute que le public aurait mérité davantage de matière cinématographique à se mettre sous la dent. En l’état, on se retrouve face à une œuvre en manque cruel d’originalité, peinant à surprendre et venant conclure une saga qui nous aura donné à boire et à manger.

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