J’ai perdu mon corps : La douleur fantôme

À l’occasion de la sortie Blu-ray et DVD de J’ai perdu mon corps le 6 mars prochain ainsi qu’à l’attribution toute récente de deux César, retour sur ce petit bijou d’animation français au succès phénoménal et à la beauté saisissante.

Sorti le 6 novembre dernier dans les salles obscures françaises et réalisé par Jérémy Clapin, J’ai perdu mon corps est un film d’animation poétique et humain, centré sur la perte physique d’un membre (en l’occurrence une main), les traces du passé qu’il laisse avec lui, les rêves et les sentiments amoureux.

Le film se concentre sur deux histoires précises : d’un côté celle d’une main traversant Paris à la recherche de son propriétaire et de l’autre celle de Naoufel, un jeune homme qui va tomber amoureux de la belle Gabrielle et tentera tout pour que cette dernière l’aime en retour. Entre souvenirs, fantasmes et réalité, le film de Clapin fait voyager allègrement son spectateur.

Premier long-métrage de son réalisateur, J’ai perdu mon corps a été comblé de très bons retours critiques, que ce soit de la part de la presse ou du public. Il a également reçu de nombreuses nominations (Oscar du meilleur film d’animation ; César de la meilleure adaptation…) et récompenses (Grand prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes ; meilleur film d’animation au festival Lumière et aux César…). Et en effet, le film ne démérite pas toutes les louanges qui lui sont attribuées. Que ce soit thématiquement ou visuellement, il éblouit son audience par une originalité alors bienvenue. Le fait que ce soit une production française, où l’histoire se situe à Paris, avec une animation si belle et une profondeur pareille font de lui un objet ambitieux, unique et précieux. Et comment aborder J’ai perdu mon corps sans mentionner la magnifique musique de Dan Levy, par ailleurs récompensée par un César de la meilleure bande originale ? Cette dernière se superpose parfaitement aux images et nous hante encore après notre visionnage.

Quant à l’histoire, il se dégage un incroyable plaisir sensoriel à voyager dans la capitale française en compagnie de cette main amputée ainsi qu’à suivre le parcours de Naoufel, rempli d’épreuves et de réconforts, d’échecs et d’apprentissages, de pertes et de victoires. La finalité peut paraître floue sur le moment, mais il en ressort une vraie force émotionnelle qui conclut parfaitement cette œuvre pleine de beaux sentiments. On regretterait presque que le film de dure pas plus longtemps, tant son atmosphère charme,  donnant envie d’y rester et d’en voir plus.

Ainsi, J’ai perdu mon corps est un véritable moment poétique, une œuvre réussie dans le fond comme sur la forme, un film d’animation comme on en voit rarement, surtout en France. Il nous tarde donc de voir le prochain projet de Jérémy Clapin, un réalisateur à suivre de près. Avec ce film, il prouve non seulement son talent, mais également le fait que l’animation en France ne doit pas être négligée, qu’elle possède ses propres qualités uniques qu’il faut savoir exploiter correctement pour en montrer à bien toutes ses capacités. J’ai perdu mon corps nous le prouve bien.

Sortie Blu-ray et DVD le 6 mars.

Laisser un commentaire