Pour cette édition 2026 du Festival d’Annecy, on vous propose nos 5 plus grosses attentes, toutes catégories confondues !
« L’animation n’est pas un genre mais un médium » s’époumone à répéter le réalisateur mexicain Guillermo del Toro dans toute la presse, interviews et conférences depuis la sortie de son magnifique Pinocchio. Et cette nouvelle édition de l’un, si ce n’est le plus charmant festival au monde (osons le dire), sera sans doute l’occasion idéal d’en prouver les dires avec génie et talent.
Au programme : quelques Minions invoquant une bête lovecraftienne ; un Corset bien serré pour filer droit ; un oiseau rebelle dans les rues de Séville ; une souris en crise existentielle ; des chasseurs nazis ; une petite fille au don magique vivant sur une île isolée ; des extraterrestres (un paquet d’extraterrestres) ; deux-trois fissures temporelles ; un reporter de guerre rêvant de devenir mangaka ; les premières images du nouveau Disney, celles du Ray Gun de Brad Bird ou encore la féerie que cache le dernier né des studios Laika, mais aussi tout un wagon de conférences / masterclass, dont celle de l’Invincible Mort-Ambulant : Robert Kirkman !
Mais en attendant l’ouverture des portes du festival le 21 juin et sa farandole de trésors – qui verra aussi l’inauguration de sa nouvelle école dédiée à l’animation – on vous invite à faire un petit tour de guet des 5 sorties qu’on se démange le plus de découvrir et qu’il ne faudra manquer sous aucun prétexte (un mot du docteur n’y changera rien).
1. Tangles de Leah Nelson (compétition officielle)
Synopsis : Une jeune femme au caractère bien trempé est obligée de retourner auprès de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, dans une petite ville conservatrice, pour s’occuper d’elle.

Après avoir été projeté à Cannes lors de ses Séances Spéciales, Tangles illuminera les écrans du festival d’Annecy. Au programme, un casting de doublage 5 étoiles pour parler de maladie d’Alzheimer et d’une relation mère-fille effilochée. Entièrement animé à la main (un procédé qui pris plus de 3 ans) Leah Nelson anime la mémoire qui s’efface et utilise la force unique de l’animation pour traduire quelque chose de plus fragile qu’un simple récit réaliste.
Des premiers retours, ce film d’animation tout en noir et blanc promet d’obstruer nos sinus et vider notre paquet de mouchoirs. Néanmoins la promesse des acteurs de doublage : Julia Louis-Dreyfus (Seinfeld), Seth Rogens (The Studio) et Bowen Yang (SNL) font penser à croire que cette tristesse ne sera pas dénuée d’un sentiment de comédie évitant tout pathos excessif. Car comme le disait sa réalisatrice à Cannes : “Quand on traverse quelque chose d’aussi cruel, il faut réussir à rire parfois. Beaucoup de familles vivent aussi ces moments absurdes ou involontairement drôles.”.
2. In Waves de Phuong Mai Nguyen (compétition officielle)
Synopsis : À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.

In Waves, adaptation de la BD éponyme et premier long-métrage, lui aussi glissé à Cannes dans la sélection de la Semaine de la Critique, sa colorimétrie en pastel douce, ses images gracieuses et son histoire d’amour entre une jeune passionnée de surf et un aspirant dessinateur promet à son tour quelques débordements émotionnels.
Synopsis : Nous suivons des gestionnaires de l’évolution qui façonnent la vie à travers l’univers. Lorsque Dew Blue et Sunny-Yellow participent à un concours cosmique, celui-ci se transforme en une bataille effrénée qui met à l’épreuve leur stratégie et leur amitié.

L’espace intersidéral est un terrain de jeu chéri par l’animation. Un territoire de tous les possibles où les dessinateurs peuvent enfin laisser exploser des formes, des couleurs et des idées dépassant largement les cadres habituels de notre perception. Là-haut, plus besoin de réalisme ou de gravité : tout peut muter, se tordre, flotter ou prendre des proportions absurdes, surtout lorsque le style visuel décide justement de s’émanciper de toute logique terre-à-terre et fondre avec l’aspect cartoon.
Et en découvrant les premières images de Soul Shift, ce n’est pas tant le successeur de Mars Express qui saute aux yeux que l’ombre très assumée de Rick and Morty (elle aussi présente au festival pour annoncer son spin-off President Curtis, j’en profite au passage) qui semble planer au-dessus de cette comédie de science-fiction au pitch franchement savoureux.
4. Rogue Trooper de Duncan Jones (séances évènements)
Synopsis : Bienvenue sur Nu Earth, la planète paradisiaque devenue un vaste champ de bataille. Tandis que les Sudiens et les Norts s’affrontent dans une guerre sans fin. Le ROGUE TROOPER, dernier survivant d’une unité de fantassins conçus génétiquement pour être adaptés à cet environnement mortel, parcourt ses ruines à la recherche des responsables de la mort de ses camarades. Mais une faille temporelle va le projeter au cœur du no man’s land, en pleine première Guerre Mondiale !

La France n’a visiblement pas fini d’exhumer toutes les pépites enfouies dans les terres sauvages du comics britannique. Véritable bastion de la contre-culture, cette scène a vu émerger des auteurs comme Alan Moore, Neil Gaiman, Warren Ellis ou encore Grant Morrison, tous devenus maîtres dans l’art de secouer la fourmilière politique américaine à coups de récits nihilistes, satiriques ou complètement hallucinés.
Et cette fois, c’est au tour d’un autre monstre sacré anglais de (re)passer à la casserole : Garth Ennis, le cerveau délicieusement dégénéré derrière Preacher ou The Boys. Pour adapter pareille titan, Duncan Jones, connu des mordus de SF pour son sublime Moon, délaisse cette fois la prise de vue réelle pour se lancer dans l’animation et aller puiser dans une œuvre finalement assez méconnue de cet immense patrimoine britannique.
Et honnêtement, le programme donne sacrément envie. Le titre annonce déjà la couleur : Rogue Trooper semble marcher dans les traces du Starship Troopers de Verhoeven, entre satire militariste, SF opératique et pluie de tripes intergalactiques. Bref, un grand spectacle d’action ultra-violent nappé de dénonciation politique sauce ketchup. On s’en lèche déjà les doigts
5. Bienvenue chez Dolly de Rady Fyu, Tree Muta et Seven Ych (compétition Contrechamp)
Synopsis : Le film suit Princess Maria, une YouTubeuse en pleine ascension, dont la quête de gloire et d’amour bascule dans un cauchemar fou après une demande en mariage mise en scène qui tourne au scandale. Elle est alors entraînée vers un fabricant de poupées reclus, un manoir hanté et les secrets enfouis de sa propre identité.

Lors de la conférence de presse donnée par l’équipe de programmation, un journaliste leur a posé une question assez simple : leur arrive-t-il encore de tomber sur une pépite sortie de nulle part, un véritable ovni dont ils n’avaient jamais entendu parler auparavant ? Bienvenue chez Dolly, nous répondent-ils unanimement. Il n’en fallait pas plus pour nous mettre l’eau à la bouche.
Synopsis : Les tribulations d’un clan de chats sauvages, tiraillés entre le besoin de compagnie et les épreuves d’un monde hostile.

Monstre du stand-up à l’humour noir devenu une école à lui tout seul, créateur de la version originale de The Office et de bien d’autres séries plus cultes les unes que les autres, le CV de Monsieur Gervais est tout simplement titanesque.
