Ça chapitre 2 : le clown du spectacle ?

2 ans après Ça chapitre 1 , Andy Muschietti nous livre son adaptation du deuxième livre de Stephen King, naviguant entre horreur et fantastique, et réunissant un casting 5 étoiles. Mais est-ce à la hauteur de nos angoisses ?

Ça raconte quoi ? 27 ans après les événements du premier opus, le club des ratés se reforme pour vaincre Ça une bonne fois pour toute. Alors que chacun d’entre eux cherche dans leurs souvenirs un artefact de leur jeunesse, Ça use de toutes les ruses pour essayer de les tuer, aidé par un vieux rival du groupe en la personne d’Henry Bowers.

Andy Muschietti rempile pour clore (peut-être, on y reviendra par la suite) le cauchemar du club des ratés, devenu adulte. Ayant totalement oublié les événements du premier opus, le film nous offre l’occasion de retrouver les jeunes interprètes de Bill, Ben, Ben, Richie, Eddie, Mike et Stan, avec des flashbacks qui complètent le récit du premier film.
C’est donc en 2 heures 50 que le récit se clôt. Et si la durée du film peut en rebuter certains, le temps passe étrangement vite, tant l’action se déroule de manière tout à fait logique et fondamentalement simple, se focalisant sur la quête de chacun des ratés, adulte, à la recherche de son artefact, nécessaire à la destruction de Ça selon le fameux rituel de Chud. Les aficionados de Stephen King seront comblés, le récit est suivi quasiment à la lettre, avec certes certaines suppressions d’éléments du roman (n’espérez pas assister à la scène d’amour entre tous les enfants et Beverly) mais compensés par des ajouts du scénariste Gary Dauberman, comme l’intense scène de la fête foraine mais aussi un caméo très appréciable du maître de l’horreur, qui fait preuve d’auto dérision le temps d’un échange avec Bill (James McAvoy).

Évidemment, la grande source de peur dans le film c’est Ça. Enfin peur, c’est un grand mot. Les jumpscares traditionnels sont TRES prévisibles (plus de musique, un plan trop long…) et les formes de Ça ne sont pas toujours réussies, notamment la grand-mère, vue dans la bande annonce, qui se rapproche d’un personnage des Simpson en 3D…
Mais heureusement, les coulrophobes seront comblés, Grippe-sous vole la vedette dans chaque scène où il apparaît, grandiloquent et toujours impressionnant et 4 scènes sortent du lot : celle où le clown se laisse flotter depuis une statue géante, aidé par une flotte de ballons rouges, celle où depuis les gradins d’un stade il attire une fillette avec une luciole, et éclairé par cette seule luciole il charme la fillette, la terrible scène de la fête foraine où le spectateur reste impuissant, comme Bill et surtout la scène d’ouverture, la même que dans le roman, l’agression d’un jeune homosexuel (ici interprété par Xavier Dolan, qui finit dévoré par le clown, mais où la vraie terreur ici vient de l’agression qu’il subit plutôt que du clown qui achève le pauvre garçon.

Ça est un très bon film fantastique, et l’atmosphère rendue par l’image, grâce à une photographie très réussie, nous plonge dans un univers qu’on sent pourri jusqu’aux profondeurs, où se joue le combat final, et la soundtrack de Benjamin Wallfisch est toujours aussi angoissante (vraiment l’écho de petits enfants qui chantent en boucle est amplement suffisant pour nous figer dans notre siège). Le casting fait rêver, tous aussi convaincants les uns que les autres en version âgée de leurs jeunes camarades, que l’on prend plaisir à retrouver (sauf peut être Finn Wolfhard, sur qui les retouches pour le rajeunir d’à peine 2 ans sont assez visibles, sans rire, ses joues c’est des fesses de bébé). Bill Hader -Ritchie adulte- vole la vedette à ses comparses et devient malgré lui personnage principal du film, et ajoute de la légèreté, même dans les scènes les plus dramatiques. On regrette peut être de ne pas voir autant Grippe-sous que dans le premier opus, mais sa présence est toujours provocatrice d’un grand frisson dans le dos.

Pour autant, Ça est une réussite totale, on prend plaisir à suivre la suite des péripéties des héros, et le récit prend le dessus sur les quelques défauts qu’on peut trouver au film et on est presque déçu que ce soit terminé… Même si des rumeurs sur un 3ème chapitre qui se déroulerait à l’aube de l’arrivée de Ça sur terre commencent a enflammer les internets.
À condition de tomber sur une séance où aucun pré ado n’est présent dans la salle pour hurler à la moindre note stridente ou apparition du clown, on frissonne, on sursaute, on se laisse flotter jusque Derry, histoire de prendre un peu l’air… -après tout, vous flotterez vous aussi.-

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