Bad Education : Le loup de Long Island

Bad Education raconte l’histoire vraie d’un détournement de fonds de plusieurs millions de dollars au sein d’un lycée de Long Island entre 1990 et 2002. A l’origine de ce détournement de fonds, Frank Tassone, campé par un Hugh Jackman tiré à quatre épingles, nous rappelant que c’est un acteur versatile pouvant à peu près tout faire avec brio.

Sorti de prison en 2010 et ayant préféré rester discret, le vrai Frank Tassone, au contraire d’un Jordan Belfort surfant littéralement sur son escroquerie depuis quelques années,  avait réussi à se faire oublier de tous. C’était sans compter HBO qui a décidé de sortir les cadavres du placard.

La première demi-heure de Bad Education se veut plutôt mollassonne, voire poussive, avec des personnages à l’écriture floue et une narration ne définissant jamais la réelle intrigue. Seulement le film finit par décoller, notamment grâce à un Hugh Jackman parfait en ordure de premier ordre tirée à quatre épingles.

Le film décolle exactement au même moment que l’affaire elle-même des années plus tôt. Une élève, rédactrice au journal du lycée Roslyn, décide de l’interviewer pour un papier et notre très cher Frank Tassone lui donne un conseil qu’il regrettera ardemment par la suite : « Ton papelard n’est qu’un minable reportage que si tu dis qu’il en est un ». A partir de là, la descente aux Enfers commence. Car effectivement, aussi improbable que celui puisse paraitre, c’est le journal du lycée qui va mettre son nez dans les affaires du lycée et révéler au grand jour les agissements de chacun, notamment des sommes astronomiques dépensées dans des organismes fantômes sans aucune raison valable.

On pourrait parfaitement comparer le film de Cory Finley à celui de Martin Scorsese dans leur volonté de dresser un portrait de ces grandes histoires d’escroqueries et de leurs acteurs. Cependant celui que fait Cory Finley reste beaucoup moins indulgent que celui que Martin Scorsese a pu faire de Jordan Belfort. Déjà parce que Scorsese s’est basé sur le livre de Belfort pour écrire Le Loup de Wall Street mais également parce qu’il a tendance à le faire passer pour un homme aussi brillant qu’indécent. Ce n’est pas le cas de Finley ici. Son portrait de Tassone est corrosif sans jamais perdre l’empathie du spectateur pour ce monsieur menant une double vie amoureuse, étant incapable de faire son coming out auprès de son entourage.

En réalité, son portrait se veut être un portrait de notre société actuelle. Société qui préfère les apparences de réussites plutôt que les vraies, et vient mettre un miroir devant notre propre consumérisme. Le plus improbable de toute cette histoire, excepté le fait que ce soit une lycéenne qui ait découvert l’affaire, c’est que les innocents collègues de Frank Tassone ont finit par devenir acteurs de la supercherie, notamment dans une scène fabuleuse où tout le monde livre en pâture le personnage d’Allison Janney aux autorités.

Bad Education est un film sur un détournement d’argent à grande échelle qui reste, ironiquement, scolaire dans sa réalisation et sa narration. Parfois tinté de longueurs, le film réussit toutefois sur beaucoup de points, dans certaines scènes fabuleuses et jubilatoires, et sur un final grandiose, cohérent et mérité.

Disponible en DVD chez Warner Bros. Home Entertainment et sur OCS

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