Aujourd’hui sort sur Apple TV le premier épisode de la 2ème saison de Sugar, avec Colin Farrell. Avant d’en faire une critique complète à la fin des 8 épisodes (nous en avons vu quelques-uns en avant-première) dont la diffusion s’étirera jusqu’en août, revenons sur quelques bonnes raisons de regarder cette série, et d’en rattraper les épisodes si ce n’est pas déjà fait.
« Colin Farrell est John Sugar, un détective privé élégant qui arpente les coins sombre d’un L.A. ensoleillé. Bien qu’il ne voie que le bon côté de l’humanité, Sugar est hanté par un secret trop dangereux pour être révélé ».
Alors, pourquoi regarder la série ? On aime Sugar parce que…
Colin Farrell y est au sommet de son art :
Ces dernières années, on ne présente plus Colin Farrell. Présent dans plusieurs films à succès et régulièrement salué pour ses interprétations, l’acteur irlandais est désormais bien établi aux yeux des cinéastes et du public.
Dans Sugar, Colin Farrell est donc toujours aussi captivant. Mais son interprétation se démarque ici par l’espace qui lui est laissé pour exprimer son élégance, un élément que ses précédents rôles n’ont que trop peu abordés. Il faut en effet remonter à Miami Vice en 2006 pour voir l’acteur évoluer avec tant de classe, lunettes de soleil vissées aux yeux et cheveux au vent.
Au fil de la première saison de Sugar et dans les quelques épisodes que nous pu voir de la saison 2, on aime voir Farrell se fondre dans ce rôle si caractéristique du détective désabusé mais cultivé, reflet tout autant qu’exception dans le Los Angeles stylisé inséparable du polar hollywoodien.

La série rappelle l’âge d’or du polar hollywoodien :
Parlons-en justement, du polar hollywoodien. Quelque peu tombé en désuétude ces dernières décennies, tant par manque de qualité des derniers essais que par lassitude du public après un âge d’or aussi fascinant, le polar retrouve ses lettres de noblesses avec Sugar. Mâtinée de néo-noir, la série se plaît à brasser des références tout en montrant qu’elle les a comprises, de Chinatown en passant par LA Confidential.
Mais ce qui fascine le plus dans Sugar, ce sont plutôt ses inspirations des autres médiums. Entre musique et littérature, la série fait de son personnage principal un connaisseur des beaux-arts, qui prend le temps de regarder un bon film noir, ou de conduire sa magnifique Chevrolet Corvette en écoutant du jazz raffiné. On pense ici à Raymond Chandler et Charles Laughton, et à la moralité à la fois tiraillée et cultivée qu’ils ont donnée, comme dans Sugar, à leurs personnages mythiques.
La mise en scène est remarquablement réussie :
Quand on veut faire un polar néo-noir qui rappelle l’âge d’or, une question épineuse se pose toujours : comment filmer Los Angeles de manière originale ? Après tant et tant d’œuvres ayant choisi le même écrin, la réponse a de quoi être difficile à trouver.
Et pourtant, Sugar s’y réussit. Avec Fernando Mereilles (La cité de Dieu) et Adam Arkin (A serious man) à la réalisation, la série d’Apple TV trouve sa voie dans le choix de filmer Los Angeles le plus possible en pleine lumière de jour, et surtout en favorisant une colorimétrie très vive et chaude, aux antipodes de la ville nocturne et/ou délavée qu’on peut avoir à l’esprit quand on pense au genre.
Chaude, vive et lumineuse, Los Angeles change ainsi complètement de perspective. Les mystères, qui s’y cachent généralement dans les ombres, sont ici propulsés en plein jour, comme pour mieux mettre les personnages face à leurs contradictions.
Le cliffhanger de la saison 1 rend la saison 2 intrigante :
Attention spoilers.
Sans trop rentrer dans les détails, on apprend à la fin de la saison 1 de Sugar que le personnage de Colin Farrell et tout un groupe de personnalités influentes sont en fait des extraterrestres venus étudier l’humanité. Cette dernière a toutefois découvert le pot aux roses et fait chanter le groupe pour s’arroger leurs services, ce qui pousse les extraterrestres à vouloir quitter la Terre… ce que Sugar refuse.
Voilà pour ce twist complètement inattendu, alors que la série se déroulait très bien jusqu’à l’or dans son classicisme hollywoodien. Tout ceci pose désormais d’importantes questions, auxquelles la saison 2, rassurez-vous, répond plutôt brillamment. Comment en effet conjuguer la science-fiction avec le polar ? Le défi a l’air très épineux, et on vous laissera découvrir…

Apple TV prouve une nouvelle fois son statut de meilleur service de streaming :
Au-delà de vous laisser découvrir, on peut d’ores et déjà affirmer que Sugar cimente la position d’Apple TV comme meilleur service de streaming. Loin de la boulimie de Netflix et Amazon ou du catalogue infini mais moyen de Disney+, Apple TV se démarque depuis le début par une curation assumée et pertinente de ses œuvres, qu’elles soient télévisuelles ou cinématographiques.
Vous pouvez donc foncer découvrir Sugar, comme on vous conseillera ensuite Severance, Killers of the Flower Moon, et tant d’autres…
