César 2020 : une cérémonie sous haute tension

Les César n’ont jamais fait autant de bruits. À une semaine de la soirée du cinéma français, l’électricité se fait déjà ressentir autour de la salle Pleyel. Scandale Polanski, démission de la direction : cette 45ème édition s’annonce d’ores et déjà comme des plus spéciales.

« Le Conseil d’Administration de l’Association pour la Promotion du Cinéma
 a pris la décision à l’unanimité de démissionner ». Dans un communiqué expédié tardivement dans la journée du 13 février dernier, l’Académie des César annonce le départ de la totalité de sa direction. Costa Gavras ou encore Claude Lelouch font partis des démissionnaires avec 19 autres personnalités du cinéma français. Ce choix survient après plusieurs semaines de tourmentes, principalement dues aux nominations jugées « scandaleuses ». Ce sont notamment les douze sélections du film J’accuse de Roman Polanski qui révoltent l’opinion publique, en raison des multiples accusations de pédophilie à son égard. Depuis sa sortie dans les salles obscures, le long-métrage retraçant l’affaire Dreyfus a engendré de nombreuses manifestations féministes à l’entrée des cinémas. Certains distributeurs ont même pris la décision de le supprimer de sa programmation. Comme si tout ceci ne suffisait pas, les nominations sont donc venues souffler sur les braises encore chaudes du « scandale Polanski ».

Vidéo : Affaire Polanski : des militantes font annuler une avant-première du film « J’accuse »

Le cinéma français se révolte 

400. Ils sont 400 acteurs, actrices ou encore réalisateurs et réalisatrices à avoir pris la décision de faire bouger les choses. Omar Sy, Marina Foïs et pleins d’autres visages du paysage cinématographique francophone font partis des signataires d’une tribune, publiée dans le journal Le Monde le 11 février dernier. Pour eux, « l’académie ne reflète pas la vitalité du cinéma français actuel dans ses très nombreuses composantes ». Après un listage de multiples points négatifs, les rédacteurs adressent quelques questions aux membres de la direction des César : « Pourquoi les 4 700 membres de l’académie ne peuvent-ils pas voter pour élire leurs représentants comme c’est le cas aux Oscars ou aux BAFTAs ? Pourquoi l’académie est-elle régie par un club de personnes cooptées ou désignées au compte-gouttes ? Comment se fait-il que les membres de l’association le soient à vie et que ses dirigeants soient indéfiniment rééligibles ? ». Tant d’interrogations qui ont donc menées à une décision des plus extrêmes : la démission des 21 directeurs.

Un appel au boycott de la cérémonie

Toutes les attentions seront principalement portées sur la présence ou non du réalisateur Roman Polanski le 28 février prochain. De nombreuses associations féministes ont d’ailleurs appelées à voter contre le cinéaste franco-polonais. « Douze nominations aux César pour le film J’accuse de Roman Polanski. Douze, comme le nombre de femmes qui l’accusent de viols pédocriminels. Les associations et personnalités féministes seront là le 28 février 2020 à la cérémonie des César pour appeler à dire NON à la célébration d’un violeur qui silencie les victimes ». Tels sont les propos et les volontés d’une dizaine de collectifs, publiés dans Le Parisien cette semaine. Alors, Polanski ou pas Polanski ? Rendez-vous vendredi prochain à partir de 20h en direct sur Canal + pour connaître la réponse…

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