The Land : Le prix fort des rêves

Steven Caple Jr. fait de son premier film une œuvre forte qui marque le spectateur par l’efficacité de sa réalisation, mais aussi par le constat glaçant qu’il établit sur une société en proie à la violence et au crime dans laquelle ces jeunes en difficulté n’ont d’autre choix que de se soumettre à la loi du plus fort.

Il y a dans cette première tentative de réalisation de l’américain Steven Caple Jr. (Creed II), comme de vagues airs de 90s (le premier long-métrage de Jonah Hill sorti cette année) ne serait-ce que dans le choix de la musique ou l’évocation de cette passion pour le skateboard. Mais là où 90s s’apparente plus à un récit initiatique faisant l’éloge des rêves et des passions, The Land dresse le portrait de ces jeunes prêts à tout risquer pour s’approcher, ne serait-ce que d’un peu plus près de leurs ambitions. Cisco, Junior, Patty Cake et Boobie vivent dans un quartier défavorisé de Cleveland et passent leurs journées à faire du skate afin d’échapper à leur quotidien. Ils sont prêts à tout pour faire de cette passion leur avenir, idéalement en étant repérés par les plus grands sponsors de la profession. Survivant grâce à la revente de voitures volées, les quatre jeunes aspirent à un avenir meilleur mais manquent d’argent pour concrétiser leurs projets. Leur destin va inexorablement basculer lorsqu’ils vont perturber les plans du gang le plus redoutable de la région, en leur volant une importante cargaison de drogue psychédélique. Sur fond de guerres des gangs et de trafic de drogue, The Land dépeint une réalité glaçante : certains rêves se payent au prix fort et dans un monde où la violence est reine, certains de ces jeunes les paient de leur vie.

Le message est pessimiste. Dans The Land, ces quatre jeunes pleins de bonne volonté et d’aspirations grandioses sont en proie à des difficultés qu’il leur est impossible de régler grâce à leur contexte familial et social. Steven Caple Jr. dépeint une société sans espoir, dans laquelle la loi du plus fort règne en maître, là où la hiérarchie entre les gangs est très claire et où ces jeunes n’ont pas la place d’évoluer et de mener à bien leurs ambitions. Lorsque Cisco et sa bande entrevoient la possibilité de toucher du doigt leur rêve de percer dans le milieu professionnel du skateboard, c’est par des méthodes illégales qui leur vaudront des représailles de la part du gang local. Malgré ce pessimisme latent, c’est avant tout un portrait empli d’humanité que dresse le réalisateur américain. Il n’est pas difficile de se prendre d’affection pour ces quatre personnalités attachantes qui ne demandent rien d’autre que de pouvoir s’échapper de leur condition précaire, ni d’avoir le cœur brisé quand cette poursuite de leurs rêves se solde par la perte d’un des membres de la bande.

Malgré ce constat déchirant sur l’état de la société et les conséquences de cette situation sur les jeunes en difficulté, The Land reste un film empli d’humanité qui marquera par son réalisme et sa capacité à rendre ses personnages attachants. Au terme du visionnage, il ne reste plus qu’un regret, celui de ne pas voir Cisco, Junior, Boobie et Patty Cake réaliser finalement leur rêve commun : devenir des stars du skateboard.

The Land est disponible en exclusivité sur e-cinema.com. Pour le voir gratuitement et légalement, vous pouvez cliquer ici : Voir The Land et utiliser le code suivant : LANLGKK6J.

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