Violet Evergarden: Un drame japonais trop classique

Sans changer d’une trame scénaristique banale, Violet Evergarden réussi à sortir du lot grâce à une réalisation de fer fidèle aux ouvrages précédents.

Dans ce film d’animation adapté de la série animée sortie en 2018, on suit l’histoire d’une jeune femme rescapée de guerre nommée Violet Evergarden, dont le métier est d’écrire des lettres à la place de personnes qui ne savent pas comment bien exprimer leurs sentiments. Cette femme, pourtant sans émotions, aura exceptionnellement le devoir d’apprendre les bonnes manières à une jeune fille aisée afin qu’elle se marie. Cependant, le passé de cette dernière resurgira, dans une histoire dramatique très émouvante signée Taichi Ichidate et Haruka Fujita.

Ayant comme directeur artistique la même personne que pour l’animé sorti deux ans auparavant, Mikoko Watanabe, on ne pouvait attendre de Violet Evergarden qu’une esthétique irréprochable. C’est heureusement une mission réussi pour ce nouveau film d’animation qui réjouira les plus grands fans de la série. Cependant, un sérieux problème vient se mêler à ce qui paraissait être une merveilleuse utopie : l’histoire abordée, bien qu’originale, reste très prévisible et perd de ce fait une grande partie de l’intérêt que le spectateur pouvait avoir pour elle. Reiko Yoshida (scénariste de Silent Voice) nous fait ici découvrir une aventure dont on comprend et devine la fin dès lors que la chute est passée.

Un élément très important vient néanmoins très nettement rehausser la barre de ce film : la bande son. L’ensemble des musiques, composées ici par Evan Call, sortent les unes après les autres un peu plus du lot. Le public peut sentir que le son n’avait pas au départ la prétention de détenir l‘ensemble des émotions que transmettra le film, mais c’est pourtant bel et bien ce qu’il se passe ! Plus absente lors du premier acte du film, c’est lorsque l’histoire viendra à s’essouffler que la BO révèlera l‘ensemble de ses capacités.

Qui dit film d’animation, dit doublage des personnages dessinés. Dans la plupart des cas, il n’y a rien à redire sur ce domaine, mais ce n’est pas le cas pour Violet Evergarden. Cela découle du scénario insuffisant mais les dialogues laissent parfois à désirer. Ce dernier problème sera la cause des cris stridents et incessants de la petite fille nommée Taylor Bartlett. Au débuts mignons  et justement démonstratif de la personnalité de l’orpheline, la répétition constante de ces cris pour combler le manque de dialogues frustre plus qu’autre chose.

Ainsi Violet Evergarden se révèle être un film d’animation tiraillé entre deux extrêmes: ses défauts très prononcés et ses qualités qui lui vaudraient de marquer indubitablement cette année 2020. Le jugement de ce film reste ainsi à prendre avec des pincettes et ne doit donc pas être critiqué de façon trop catégorique à chaud. Violet Evergarden est sans nul doute un bon film mais n’arrive malheureusement pas à atteindre le niveau de ses espérances.

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