The Peanut Butter Falcon : comme un poisson dans l’eau

The Peanut Butter Falcon est un film réalisé par Tyler Nilson et Michael Schwartz, racontant le périple à travers les États-Unis d’un trisomique (Zack Gottsagen) et d’un vagabond (Shia Labeouf) pour atteindre un camp de catch.

Aussi bateau que puisse paraître le synopsis du film, quasi-nanardesque, ce dernier fait en réalité tout le charme d’un voyage initiatique, portant totalement la marque d’un feel-good movie.

La confrontation de deux univers opposés, celui d’un trisomique habituellement parqué dans une chambre d’hospice, passant ses journées à regarder la même vidéo de catch en boucle, et celui d’un pêcheur débrouillard en danger de mort permanent, sert avant tout à révéler une beauté et une bonté humaine qui constitue le gros du côté feel-good. C’est parce que les deux acolytes courent un danger constant (l’un est pourchassé par Eleanor, jouée par Dakota Johnson, l’autre par des pêcheurs plus que violents). Les compagnons réalisent ce que tous, ou presque, rêvent en secret : quitter un quotidien morose pour courir vers un idéal de vie, aussi étrange qu’il puisse être.

Métaphorisant explicitement toute la quête du bonheur et les obstacles qui se dressent sur le chemin, The Peanut Butter Falcon fait de la rencontre centrale une véritable ode à l’espoir, à la vie, à la beauté. Bien trop idéaliste, la naïveté omniprésente (permettant aux personnages de survivre face aux dangers, de tisser des liens avec la plupart des personnes rencontrées,…) font du film un exutoire pour un spectateur qui voit rarement d’aussi bons roadtrip/feel-good movie. Dans toute cette ambiance légère excellent les acteurs principaux, notamment Shia Labeouf et Dakota Johnson, qu’on a l’habitude de voir dans des films plus que moyens. Alléluia, ils ont ici le droit à un film qui leur permet d’exprimer un talent incontestable et, parfois, d’arracher une petite larme au coin de l’oeil du spectateur. Pas de tristesse ni même réellement de joie, simplement d’une primaire beauté idéaliste qui ne tombe pas dans le niais, mais qu’on sait en réalité impossible. C’est donc bien une confrontation entre une réalité difficile et un espoir improbable que le film nous conte. Pas de chocs scénaristiques, rien que du message positif qui nous crie que l’espoir est permis en toute circonstance. Belle métaphorisation de la vie qu’est The Peanut Butter Falcon, montrant qu’un peu de positivité nous permet d’atteindre les cieux, l’amour et, au final, chacun de nos objectifs.

Parce que tout le monde avait bien besoin d’un film aussi intrinsèquement bon, The Peanut Butter Falcon a aisément remporté le Prix du public lors de la 45e édition du festival de Deauville, prix qu’il mérite amplement et qui témoigne d’une quasi-unanimité d’un public éclectique. Félicitations aux deux réalisateurs et à leur acteur-vedette, Zack Gottsagen qui a eu l’excellente idée de leur demander un rôle sur-mesure.

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