The Gangster, The Cop & The Devil : Le trio gagnant

The Gangster, The Cop & The Devil redéfinit à sa manière les codes du thriller coréen en plaçant au centre de l’intrigue un triangle perpétuel.

Si Parasite sera le grand film coréen de l’année 2019, le cinéma asiatique ne s’éteint pas pour autant et propose tout de même une sélection qualitative (Un grand voyage vers la nuit, So Long My Son, An Elephant Sitting Still, Les Eternels…). The Gangster, The Cop & The Devil a été présenté en séances de minuit au Festival de Cannes, et pour infos : il est premier du box-office coréen en uniquement 1 semaine (brisant la montée d’Avengers Endgame).

Après Man of Will, Lee Won-tae réalise son second long-métrage qui est un thriller jouissif qu’on ne peut qu’apprécier pour ce qu’il propose. De nombreux films (coréens comme américains) ont pour centre névralgique un tueur en série en cavale. Là où The Gangster, The Cop & The Devil se différencie des autres, c’est dans sa manière de tisser des liens entre les différents personnages. Le titre sous-entend que 3 personnages principaux animeront le film (comme Le Bon, La Brute & Le Cinglé), et ils font plus que l’animer, ils jouent des rôles quasi-caricaturaux, et c’est là où il est jubilatoire. Le gangster est un bandit costaud, riche et qui doit toujours paraître fort auprès des siens. Le policier est un homme fidèle à la loi mais qui doit se lier au gangster pour parvenir à ses fins. Et l’assassin représente le tueur impitoyable, malin, détraqué et poursuivi de tous. De la présentation classique des personnages  (d’abord l’assassin, puis le policier et enfin le gangster) découle une complexité étonnante et des interactions que l’on suit avec beaucoup d’attention.

C’est pourquoi il est important de souligner la présence d’une mise en scène particulièrement efficace et adaptée à chacun des personnages. Certains pourraient y voir une ostentation (par la construction parfois simpliste des personnages), d’autres seront conquis par l’effet provoqué par la réalisation, la musique et le montage. Un film banal mettrait au centre de l’intrigue le tueur en série, mais il est aussi complémentaire des autres personnages. Sans lui, le film existerait quand même car c’est un triangle obsessionnel qui se noue entre les 3 protagonistes.

La violence est présente à l’écran mais elle est surtout psychologique. Lorsque l’on pense à un film coréen avec une enquête, on pense automatiquement à Memories of a Murderer de Bong Joon-ho. Ici, la figure du tueur en série n’est pas autant floue mais bénéficie d’une redéfinition des codes. Il est d’abord caché, on ne voit pas son visage (Lee Won-tae filme surtout les meurtres), puis on le voit vivre en dehors des simples meurtres (son visage est alors découvert intelligemment par une avancée narrative au même moment). La redéfinition du thriller est encore une fois liée aux personnages et à cet arrangement entre le policier exemplaire et le gangster. On voit des scènes de combat, des poursuites en voiture, des poursuites à pied… Et la violence semble être la solution finale et éternelle, résolvant les problèmes comme par magie.

The Gangster, The Cop & The Devil est un film jouissif qu’il faut voir pour son enquête centrée sur des personnages idéalisés aux statuts qu’ils ont. Allez le voir en salles le 14 août même si Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino sort au même moment.

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