Promare : ça pète le feu

On perçoit depuis quelques temps une volonté mondiale de créer des films d’animation différents, une Nouvelle Vague qui a pour point central Spider-Man New Generation. Promare fera très certainement parti de ces films novateurs.

Promare a été présenté au Festival d’Annecy et il se présentait bien dès sa présentation puisque Hiroyuki Imaishi et Kazuki Nakashima sont aux commandes du projet (Gurren Lagann et Kill la Kill). Et c’est Eurozoom qui s’occupe de la distribution du film (Your Name, Les Enfants de la Mer…), en espérant donc que le public s’y intéresse très franchement et décide d’aller le voir.

Si Eurozoom a déçu avec son dernier film Les Enfants de la Mer (qui perdait le spectateur en essayant d’être bien plus que ce qu’il est), Promare corrige ses erreurs en proposant à la fois une animation splendide et une histoire que l’on suit sans mal mais qui propose quand même une réflexion. En regardant la bande-annonce, on pourrait penser que c’est un Shônen classique : des héros avec des valeurs positives, des méchants avec des motivations sombres, un combat entre le bien et le mal… Mais derrière ses airs de film prévisible se cache un diamant brut qui propose de réfléchir sur le monde actuel.

Le film démarre en nous présentant brièvement l’état du monde actuel dans lequel vivent les habitants, il agit comme un générique mais permet au spectateur de savoir où il se trouve sans perdre de temps avec de longues explications. On découvre alors par la suite les différents personnages que l’on va suivre au cours du film (qui sont présentés comme des héros, des mascottes), et on comprend rapidement que notre héros principal sera Galo. Il faut très peu de temps pour se rendre compte que la particularité de ce film est son animation aux couleurs vives. Moins visible lors des plans fixes, ce sont surtout les scènes d’action (il y en a à la pelle) qui sont bourrées d’amour pour les couleurs et proposent un dynamisme jouissif (comme le faisait Spider-Man New Generation). Le film décide d’opposer tout d’abord les êtres humains face aux terroristes qui provoquent des incendies, et c’est dans cette distinction entre être humain et terroriste, bien et mal que le film brille de mille feux. La réalité est plus compliquée que ce qu’il peut paraître, les apparences sont parfois trompeuses.

Il y a un rapport très évident avec les minorités qui sont aujourd’hui prises pour cibles pour ce qu’ils sont (les musulmans qui souffrent de cette non-distinction avec les terroristes). Même si les personnages possèdent ces flammes, ils ne le choisissent pas et doivent assumer qui ils sont malgré tout. On y voit également ce concept étrange qui est de plus en plus visible aujourd’hui : les dirigeants et les haut-placés qui ont des motivations louables mais qui font des choix inadaptés, qui décident de faire le mal alors qu’ils pourraient faire le bien, qui décident de faire le bien en faisant le mal…

Promare est donc un ovni visuel qui nous tient en haleine du début à la fin grâce à une histoire contemporaine et d’actualité, questionnant le monde dans lequel nous vivons et mettant en scène des combats passionnants.

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