Midsommar : l’expérience fleurie de l’année

Ari Aster avait lancé une bombe sur le genre horrifique avec Hérédité l’année dernière. Il réitère cet été avec Midsommar et devient, en seulement deux réalisations, un grand nom du cinéma d’horreur.

Hérédité avait secoué les sorties de l’été dernier. Après six court-métrages, Ari Aster s’essaie au long format avec de nouvelles idées remarquables et remarquées. Beaucoup sont alors tombés amoureux du « style Aster » et attendaient avec impatience le retour de l’Américain à la réalisation. Un peu plus d’un an après Hérédité, Midsommar envahie les salles obscures. Dani, jeune femme d’une vingtaine d’années, perd ses parents et sa sœur dans un drame douteux. Christian, son petit-ami attristé par la nouvelle, décide de la convier avec lui et ses amis à une excursion en Suède. L’objectif est d’assister à un festival atypique qui n’a lieu qu’une fois tous les 90 ans. Ce qui ressemble à une simple célébration de traditions va se transformer en cauchemar en raison de rituels plus sinistres les uns que les autres. Grâce une ambiance pesante à la limite du regardable, Midsommar est bien plus qu’un simple film.

C’est une véritable expérience cinématographique que Ari Aster nous propose avec Midsommar. Pendant 150 longues (voire trop longues) minutes, le spectateur oublie tout ce qu’il l’entoure. Le film joue sur les sens en déstabilisant la persuasion d’un spectateur qui essaie de comprendre ce qui se passe devant ses yeux qui n’ont pas clignés depuis dix minutes. Le récit le dépasse. Il ne cherche plus à comprendre et encaisse avec difficultés mais plaisir. Oui, avec plaisir car il y a une volonté de faire du cinéma et de le faire comme il se doit d’être fait. La réalisation est à l’image du scénario : loin d’être lisse et désabusée. Tout ce côté non-conventionnel est sublimé par une bande originale frissonnante qui colle quelque peu avec l’univers des films de Jordan Peele (Us, Get Out). Midsommar est un bouquet aux variétés différentes qui, ensemble, forment une alliance délicieuse comme on en voit rarement dans le cinéma d’horreur.

Moins sanglant et gore que la plupart des films du genre, le spectateur retrouve alors un univers personnel, travaillé et anxiogène qui, peu à peu, gagne le coeur de la salle pour créer une fascination malsaine pour la communauté que découvrent les personnages en arrivant au festival suédois. C’est donc bien plus par un environnement oppressif dont ni Dani, ni le spectateur n’arrive à s’en échapper. Le psychédélisme implanté au sein des contrées suédoises fera ainsi perdre tout sens critique pour que le spectateur s’interroge à la fin du film sur son immoralité notoire et hypnotisante.

Midsommar ne laissera personne indifférent. L’avis du spectateur risque de pencher vers les deux extrêmes. Pour ceux qui oseront tenter l’expérience, joyeux Midsommar à vous ! Skål !

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