Les Crevettes Pailletées : Larger than life

Cette comédie rafraîchissante s’impose dans le paysage cinématographique français comme un brillant feel-good movie qui traite des différences avec bienveillance et authenticité.

Cédric Le Gallo et Maxime Govare, plutôt habitués du petit écran (Ma Pire Angoisse, Scènes de culte…) signent leur première réalisation en collaboration avec le long-métrage pétillant Les Crevettes Pailletées. Le pitch est simple : Matthias le Goff (Nicolas Gob), vice-champion du monde de natation, se retrouve contraint d’entraîner une équipe de water-polo gay composée de fêtards invétérés, les Crevettes Pailletées, après avoir tenu des propos homophobes durant un direct télévisé. Grâce à Matthias, les Crevettes Pailletées se qualifient pour les Gay Games, le plus important rassemblement sportif LGBT du monde. Cette qualification va être l’opportunité pour les membres de l’équipe de se découvrir eux-mêmes, mais aussi de s’affranchir de leurs préjugés. Un genre de parcours initiatique prenant la forme d’un buddy-movie étincelant et plein de vie…

Les Crevettes Pailletées, c’est avant tout un film qui parle ouvertement des différences. C’est un film qui ne se contente pas de dénoncer l’homophobie dont est encore aujourd’hui frappée la communauté gay, mais qui ne va pas hésiter à parler des discriminations au sein même de cette communauté. Le long-métrage va aussi évoquer, bien que plus subtilement, la maladie à travers le personnage de Jean, interprété par un Alban Lenoir époustouflant de sincérité et de justesse. De cette maladie, le personnage de Jean va en faire un combat porteur d’espoir. C’est cette conviction de faire de ses derniers instants les meilleurs de sa vie qui finit de convaincre un Matthias assez fermé d’esprit et complètement obsédé par son palmarès personnel d’aider les Crevettes Pailletées à remporter le match de qualification pour les Gay Games.

C’est aussi un film qui parle d’introspection, de ces hommes en quête de leur vraie personnalité, qui tentent de trouver leur place, avec les difficultés auxquelles ils sont confrontés en tant que minorités. On suit alors, non sans une certaine émotion, le parcours de Joël (Roland Menou), un ancien militant LGBT cinquantenaire, qui se sent un peu dépassé par cette société qui évolue si vite ; celui de Fred, cette femme transgenre, interprété par l’envoûtant Romain Brau, qui a lutté pour se faire accepter telle qu’elle est, tant au sein de la société qu’au sein de la communauté gay ; mais c’est surtout le personnage de Vincent (Félix Martinez) que l’on retient,  ce garçon timide qui a réussi à s’assumer et à se découvrir grâce aux Crevettes Pailletées et cette communauté qui l’accueille enfin à bras ouverts comme l’un des leurs.

Avec Les Crevettes Pailletées, on prend part à un cocktail détonnant composé de personnages hauts en couleurs, campés par des acteurs d’une justesse exceptionnelle. Un film généreux qui n’hésite pas à nous offrir autant de scènes inoubliables que de véritables moments d’émotion. Ils nous l’avaient promis, les Crevettes Pailletées sont là pour nous décortiquer, et nous les avons adorées.

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