Le Roi Lion : Le roi est mort, vive le roi !

Jon Favreau revient à la charge 3 ans après son adaptation live du Livre de la jungle pour s’attaquer à un classique du studio. Aucun risque, un réalisme quasi-documentaire et un casting exceptionnel, voici la recette détestable de Disney désormais. Le roi est mort,  vive le roi ! L’originalité a été destituée de sa fonction pour laisser place à un nouveau monarque, plus conformiste, moins extravagant et surtout moins entreprenant.

25 ans après la sortie du dessin animé mythique qui a marqué des générations, Le Roi Lion ressort en salles, il ne s’agit pas d’une remasterisation, mais bien d’un film live action. Surprenant? Pas tant que ça… Impressionnant? Plutôt oui. Louable ? Pas du tout. Donald Glover est Simba, Beyonce est Nala, James Earl Jones est de retour pour jouer Mufasa, Chiwetel Ejiofor est Scar, et le duo Timon-Pumba est respectivement joué par Billy Eichner et Seth Rogen. Du côté du doublage français, le choix est vraiment discutable…

Les moyens de voir un film changent, la façon de les concevoir change, et en conséquence, la manière de développer une réflexion autour d’un film change également, surtout quand la technologie est au centre de l’attention. Disney prend un tournant chaotique depuis quelques années, entre l’idée d’adapter les classiques en live action (Aladdin dernièrement et Mulan prochainement), posséder petit à petit une part gigantesque de l’industrie (Marvel, LucasFilm, Fox…)… On a appris récemment qu’un algorithme se chargeait de déterminer les meilleurs rouages pour qu’une série marche (Netflix). Walt Disney Studio est moins fainéant mais il s’agit tout de même d’un tournant toxique pour l’état du cinéma mainstream. Le Roi Lion n’est pas mauvais, loin de là, et c’est dans ses qualités qu’on lui reproche ses défauts. Et c’est dans son existence même au sein de l’industrie cinématographique qu’on le déteste, lui qui fonctionnera au box-office aux dépends de films qui osent.

Pouvez-vous trouver mauvais le dessin-animé de 1994 ? Non, c’est pareil pour le film puisqu’il copie colle chaque plan, chaque mot, en s’inspirant justement de ce qui nous reste en tête de ce film de notre enfance. Les moments les plus importants y sont, tout comme les dialogues les plus marquants. Impossible de le trouver mauvais puisqu’il a les mêmes qualités que le dessin animé, mais il y a cette ligne invisible qui incite fortement à rester vigilant par rapport à ce que l’on voit et par rapport à ce qu’on peut en penser. La séquence d’ouverture frappe par son sur-réalisme qui rappelle la dernière trilogie de La Planète des Singes et ses singes qui paraissaient réels. Il y a un véritable travail sur l’environnement et une vraie interaction entre les animaux et le décor. On sait alors qu’on va faire face à un film impressionnant par ses qualités techniques. Il ne s’agit pourtant que d’une réalité virtuelle (que Jon Favreau avait déjà utilisé pour Le Livre de la jungle) et de l’animation 3D. Alors, pouvons-nous vraiment parler de live action ?

Tout le monde connait l’histoire du Roi Lion, et le film a pour unique but de rendre réaliste des animaux, et c’est dans cette réussite que vient son désastre, les animaux ne vivent pas dans des dessins animés et n’ont pas des expressions similaires, on a alors parfois de voir un documentaire animalier fictif (les doubleurs sont heureusement efficaces). Mais dans son ensemble, le film parvient à nous toucher, nous émouvoir et nous faire replonger en enfance, là où on chantait l’Amour brille sous les étoiles. Pour survivre à ce démembrement de l’originalité, il faut plonger dans cette philosophie : Hakuna Matata.

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