Été 85 : Nos premières fois

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Inspiré du roman La Danse du coucou d’Aidan Chambers, François Ozon délocalise le récit en Normandie (initialement situé en Grande-Bretagne) pour nous plonger au coeur de la vie d’Alexis, un lycéen âgé de 16 ans sauvé par David d’une noyade lors d’une sortie en mer.

Après les difficultés liées à la diffusion (et donc à l’absence de promotion) de Grâce à Dieu, François Ozon pensait être tranquille avec son nouveau long-métrage mais la crise du Coronavirus est venue déranger sa tranquillité. Malgré tout, grâce à Diaphana, les spectateurs français pourront découvrir Été 85 le 14 juillet 2020. Un pari risqué pour un film qu’il faut absolument aller soutenir dans les salles de cinémas.

été amis sur une moto

Les années 80 représentent une époque qui revient en vogue et qui fait l’effet d’une overdose tant elle est surexploitée (notamment depuis l’arrivée de séries télévisées comme Stranger Things), toujours comme un hommage mais sans jamais développer quoi que ce soit qui transcende ce clin d’oeil. Pour François Ozon, c’est bien plus qu’un hommage, c’est une époque qu’il a vécue et une période sur laquelle il se base puisqu’il a découvert ce roman à cet âge précis (il raconte même avec un sourire qu’il s’agit de l’âge de son dépucelage). En retranscrivant ces souvenirs d’enfance (comme Quentin Tarantino dans Once Upon a Time in Hollywood), François Ozon fait un grand travail de reconstruction. Il décide de filmer en pellicule pour retrouver le grain de l’époque, nous plongeant alors dès son premier plan, en été 1985.

Avec un scénario bien ficelé qui vacille entre le thriller inquiétant et le drame, c’est plus que jamais l’introspection de son personnage principal masculin qui est au centre du récit. Le procédé le plus proche du roman et celui qui colle au mieux à l’introspection est la voix-off, elle est ici utilisée avec brio, toujours dans une volonté de faire avancer le récit tout en consolidant le lien que l’on forge avec Alexis. Son interprète, Félix Lefebvre est un espoir masculin qu’il faudra suivre dans les années à venir, avec une innocence et un charisme qui colle parfaitement à son personnage. Benjamin Voisin (La dernière vie de Simon) y est méconnaissable et transcendant dans ce rôle de rebelle imprévisible, Valeria Bruni Tedeschi, Isabelle Nanty et Melvil Poupaud (relooké comme Joaquin Phoenix dans Her) donnent une cohérence au récit. Été 85, c’est avant tout un film sur les premières fois. Et pourtant, en voyant ce film, on voit la maitrise du cinéma de François Ozon comme une consécration de toutes ses oeuvres, toutes ses thématiques, toutes ses obsessions rassemblées pour ne former plus qu’un. François Ozon apporte une folie à la sensualité des personnages qui pourraient bien appartenir au cinéma de Xavier Dolan. Été 85 comme l’éphémère derrière toutes les relations. Été 85, comme la mort qui vient frapper tout le monde, sans distinctions. Été 85, comme notre amour pour le cinéma de François Ozon.

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Croisement unique entre une relation d’amour passionnée et une relation d’amour toxique, Été 85 représente le cinéma éclectique de François Ozon. Une oeuvre poétique qui viendra enchanter votre été. Qui sait, vous danserez peut-être en sortant du film… Découvrez le cinéma de François Ozon, un de nos articles revient sur ses 19 long-métrages !

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