Avengers Endgame : Une apothéose émotionnelle

Est-ce que c’est un bon film ? Peut-être. Est-ce qu’on est déçu ? Loin de là. On ne pouvait rêver d’une meilleure fin que celle développée pendant 3 heures par les Frères Russo dans Avengers Endgame.

Nous savons tous que la fin de la phase 3 n’est pas synonyme de conclusion finale du Marvel Cinematic Universe, et pourtant, il y a quelque chose qui y ressemble depuis Avengers: Infinity War (sorti il y a 1 an). Après la terrible fin en cliffhanger dénaturée par les annonces des prochains films (dont Spider-Man : Far From Home et Black Panther 2), on attend tout de même Avengers: Endgame avec impatience (tourné en même temps que le film précédent).

Alors comment conclure 10 ans d’univers après une majorité de déceptions (dont le dernier Captain Marvel) et quelques réussites ?

Le premier acte manque d’envergure et il se ressent notamment en comparaison à Avengers: Infinity War où la séquence d’ouverture opposait Hulk et Thor à Thanos. Soyons franc, ce film est bien plus cérébral que brutal, et c’est un décalage qu’il faut apprendre à apprécier pour s’attacher au film. On n’assiste plus du tout au même film, et ce sont ceux qui l’enchaineront après Infinity War qui profiteront au mieux de l’expérience. A la fois un film différent qui existe seul, et en même temps un film intimement lié à son prédécesseur. Il faut attendre l’arrivée de Scott Lang pour que le film démarre vraiment. Si Captain Marvel a été introduite dans un film lamentable, malgré la présence de l’excellente Brie Larson, sa présence reste anecdotique et vite expédiée ici, et c’est ce par quoi on pourrait commencer à questionner.

Après le film Captain America: Civil War, de nombreuses critiques ciblaient le manque de personnages et la narration fade. Ici, on peut s’attaquer non pas à la sous-présence de personnages, mais au développement ou plutôt au non-développement qu’ils subissent. L’exemple parfait de ce film étant Thor, devenant un homme alcoolique en surpoids et détestable au possible. Il incarne à la fois le personnage le plus présent à l’écran mais aussi celui qu’on voudrait le moins voir, et son arc narratif est extrêmement lié à l’humour, un second reproche que l’on pourrait faire au film tant il est abondant et pas toujours nécessaire.

Nous aurons toujours le sourire aux lèvres, mais fallait-il pour autant prétendre à un ton aussi léger ?

Malgré cette étiquette d’humoriste assimilée au MCU, le film parvient tout de même à alterner les ambiances pour nous intéresser non pas à l’action, mais à l’histoire. Nous savions qu’il serait question de voyage dans le temps, et c’est une très mauvaise idée d’approcher ce concept en l’opposant à d’autres films (comme Retour vers le futur) puisque les incohérences sont multiples et le film essaye de défendre de lui-même ses erreurs narratives. Il aura fallu du temps pour atteindre une complexité narrative : essayez de raconter le film à quelqu’un et vous verrez qu’il n’est pas facile de le résumer. Il faut d’ailleurs souligner un effort considérable et presque inattendu sur la gestion émotionnelle et psychologique des personnages.

Après 10 ans, nous sommes attachés à eux donc nous pouvons facilement nous intéresser à ce qu’ils pensent et à comment ils vivent les instants compliqués qui règnent depuis le départ de Thanos. Le voyage dans le temps permet alors de confronter nos personnages à leur passé (Tony avec son père, Thor avec sa mère, Steve avec Peggy) et nous sommes émus par ces traitements. Déjà parce que retourner dans le passé remémore des souvenirs et agit en tant que rétrospective des dernières années (jusqu’à Avengers 1), mais également parce qu’ils confrontent les personnages au passé une toute dernière fois. Nous ne savons pas ce qu’ils deviendront donc c’est peut-être la dernière fois que nous les voyons.

Cette force émotionnelle se ressent dans les éléments narratifs tragiques (ceux qui ont vus le film comprendront bien-sûr de quoi/qui il est question). Même si l’un des deux personnages n’étaient pas très développé, nous sommes extrêmement tristes de le voir s’éteindre après tant d’années. La grande force de ce film c’est aussi de savoir doser l’émotion même si l’intérêt qu’on a au personnage n’est pas fort. Il est aussi question de déception, il n’y a pas autant de morts qu’annoncés au départ… Le meilleur moment du film reste tout de même le dernier acte qui comporte sûrement les meilleures séquences du MCU. L’affrontement final est dantesque, souvent jouissif (à travers les dialogues et les personnages qui entrent dans la bataille) et surtout bien plus impressionnant que celle au Wakanda dans Avengers: Infinity War. Il y a enfin une peur constante de la mort d’un personnage, et c’est ce qui arrive au finalement…

Avengers : Endgame est un film cérébral qui interroge les sentiments des personnages en livrant du grand spectacle de qualité et du fan-service mais en infusant une dose d’humour plus imbuvable que jamais.

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